#Metoo Porn, TÉMOIGNAGES : Libérons la parole dans le porno.

Le mouvement #Metoo a permis au féminisme une avancée considérable dans la libération de la parole. Il reste cependant des sujets tabous au sein même du thème des violences faites aux femmes : Comme la Porno Prostitution[1].

Ces derniers mois, nous entendons beaucoup de témoignages de femmes poussées par les lobbys de l’industrie du « sexe », raconter comment elles sont heureuses de faire ce qu’elles font. Pendant que dans l’ombre, nous trouvons certaines autres histoires. Aujourd’hui nous allons vous en raconter deux.

EVEREST

Everest est le pseudo d’une jeune femme dont nous avons trouvé le témoignage sur twitter. Le but dans la publication de son histoire et de prévenir les femmes des techniques de manipulation et de la violence dont on fait preuve ses bourreaux, deux personnes reconnues dans le monde du Porno. Everest sait ne pas être la première et sait qu’elle ne sera pas la dernière victime, mais se bat actuellement pour que ses agresseurs ne restent pas impunis.
Voici son témoignage :

Nous comprenons dès le début du témoignage, que Everest rentre dans le profil type des femmes recherchées par l’industrie du porno : des femmes pauvres, jeunes, vulnérables, émotionnellement instables, impressionnables, avec un passé violent et douloureux …
Comme nous le voyons, ses deux agresseurs tirent leurs revenus et bénéfices de la plus grande plateforme de vidéo de trafic sexuel en ligne : Pornhub. Ce site est le plus grand site Web pornocriminel du monde responsable de l’exploitation de la traite sexuelle de masse, de l’exploitation des femmes et des mineur.e.s.
Des centaines, voire des milliers de vidéos de viols d’adolescentes sont en ligne sans aucune vérification. Pornhub et cette histoire sont les preuves de cette collaboration de la criminalité, afin de créer un business sur la violence envers les femmes et les enfants, un business basé sur le viol.

Ces femmes vulnérables, qui recherchent de l’argent rapidement pour survivre, sont des marchandises parfaites pour le duo Furiosa , et toutes autres plateformes proposant des vidéos de viols.
N’OUBLIONS PAS : Forcer une femme à se filmer et envoyer ces contenus sexuels sous contrainte (besoin d’argent ou autres vulnérabilité) est un viol à distance[2].

Heather Vahn

Son nom n’est pas méconnu dans le milieu du porno. Cependant, Heather, bien avant d’être illusoirement une « actrice pour film d’adulte » est avant tout une victime de ce milieu violent. Le 18 mars est sorti un article sur les violences qu’elle a subi de la part de son compagnon, un acteur dont le nom n’est pas inconnu, lui non plus, dans cette industrie : Tommy Wood.

« Alors que le mouvement #MeToo a entraîné un certain nombre de changements au sein d’ Hollywood et d’autres industries, il n’a pas encore marqué le monde dit des « adultes ». […] « 

Ce sont les récits récurrents d’hommes violents dans le milieu porno qui ont motivé Heather à publier le sien. La ligne se trace rapidement entre « homme violent » et « industrie du viol », quand on comprend, en voyant les faits, que ces hommes criminels se réfugient dans le milieu du porno pour vivre de leur crime en toute légalité.

[…] « les présumés abuseurs en série non seulement travaillent librement mais gagnent des tas de récompenses. James Deen est sans doute la plus grande star masculine du porno. Il a été accusé d’agression sexuelle par plus d’une douzaine de femmes, mais a récemment remporté plusieurs «Oscars» du porno. Et Markus Dupree, qui a été accusé d’abus par plusieurs des plus grandes stars féminines de cette industrie, y compris par August Ames avant son suicide , vient ce mois-ci de devenir une «star au contrat exclusif» par le studio de cinéma pour adultes Brazzers. Cet étonnant manque de responsabilité de l’industrie a rendu difficile la libération de la parole pour les plus grandes « stars » féminines du porno.  

Pour Vahn, ce sont les nouvelles sur Dupree qui l’ont inspirée à publier un article sur ses propres agressions. Elle parcourait Twitter et elle est tombée sur un tweet d’une collègue sur les allégations d’agression d’Ames contre Dupree ( «Cela ressemblait à un viol», a déclaré Ames ). «C’était comme whoa , parce que j’avais travaillé avec Markus et que je n’avais jamais eu de problème avec lui. Cela m’a fait réaliser. »

Les faits :

 » Vahn a accepté à contrecœur de donner feu vert à Wood en 2015, et les deux ont rapidement commencé une relation à part entière, (…) restant au domicile du mannequin masculin dans le New Jersey. Mais il y avait des signes avant-coureurs, dit-elle. «Il a commencé à trouver en moi des choses avec lesquelles il n’était pas d’accord et à critiquer mon intelligence», se souvient-elle. «Il disait que j’étais « tellement stupide » car je ne savais pas comment faire mes impôts, des choses comme ça.» (*Comportement du pervers narcissique*)
Elle dit qu’elle est devenue «très soumise à lui». «J’étais docile… il m’a fallu des années pour même apprendre à me défendre.»

«La violence a commencé petit à petit. Il a commencé par me pousser dans la maison, puis il faisait ce mouvement où il mettait sa main sur ma bouche… il a commencé à mettre une main sur ma bouche tandis que l’autre tournait autour de ma gorge », dit-elle, tremblante visiblement. 
Ils se disputaient régulièrement sur l’infidélité de Wood, dit-elle, alors que des filles du monde entier ont commencé à envoyer des messages à Vahn sur Instagram pour lui dire qu’elles avaient couché avec lui. «Ces tromperies ont commencé à arriver à un moment où je m’énervais souvent. Il n’aimait pas ça, alors des violences physiques ont commencé à se produire de plus en plus. Il y avait des gifles, beaucoup d’étouffements et il me tenait et m’étouffait sous son poids corporel », me dit Vahn. (Le Daily Beast a examiné les messages de nombreuses femmes disant qu’elles avaient couché avec Wood; une femme a même exprimé son inquiétude, disant qu’il avait enlevé sournoisement son préservatif pendant les rapports sexuels[3] )

Wood a proposé que le couple se lance dans des triplettes, dit Vahn, pour «aider à se rapprocher». Elle dit qu’elle n’était pas d’accord pour cette idée mais a cédé pour satisfaire ses envies. Les femmes ont commencé à défiler dans leur maison presque quotidiennement pour avoir des relations sexuelles avec Wood, tandis que Vahn dit qu’elle traînait dans l’autre pièce. « Comment en est-on arrivé là ? » se demandait-elle. «Je n’aimais pas ça. J’aime seulement être avec une seule personne, en dehors de mon « travail ». »

Cela a rapidement dégénéré en orgies de sexe. Encore une fois, Vahn dit qu’elle était d’accord parce que cela rendait Wood heureux. «Ce n’était pas nécessairement consenti. Je l’étais car j’ai fait ces choses, mais je l’ai fait sous pression. Fais-le ou je te laisse . C’était émotionnellement douloureux et tellement épuisant », dit-elle.
«Je me saoulais pour faire face au sexe, il m’échangeait avec d’autres couples. Je n’aimais pas être transmise comme une marchandise », poursuit-elle. «Être perdue a fait accélérer les choses. Je n’aimais pas être présente à ces soirées.

Lors d’une de ces orgies, elle dit qu’elle sentait qu’elle avait été poussée bien au-delà de ses limites. Vahn se souvient d’être debout près de la porte en train de fumer un joint pendant que Wood se livrait à des relations sexuelles en groupe. Une femme lui a fait signe au lit. Quand elle est restée immobile, Wood s’est mis en colère. «Heather, tu ne l’as pas entendue ? Viens dans le lit », se souvient-elle. «Je lui ai envoyé un regard noir, parce que « non » signifie « non » pour moi. Mais il a franchi la limite ce jour-là », dit-elle. «Quatre mecs ont couché avec moi et je ne sais pas où en était ma tête. Mes yeux sont restés fermés et j’étais très molle, et les gens n’aimaient pas ça. »

«Je sens que j’ai été violée collectivement», confesse-t-elle en pleurant. «Et c’est difficile à définir, car je suis entrée dans cette pièce. C’est à la fois consensuel et non consensuel. C’est une chose lâche. Il dira que tu as accepté d’être là parce que tu l’as fait pour lui. Mais je l’ai fait contre toutes les fibres de mon être. »

Pendant le trajet du retour, Vahn voulait parler de ce qui venait de se passer, mais Wood a refusé, disant qu’il était fatigué. «Je ne pouvais aller voir personne d’autre», dit-elle. « Avec qui suis-je censée parler à part mon partenaire, qui est la seule personne qui sait ce que je traverse ? »
Quand ils sont rentrés chez eux, Wood a dit qu’il allait se coucher. Mais Vahn voulait revenir sur ce qui s’était passé cette nuit-là, et à quel point cela était inconfortable et violent pour elle.

«Je me tenais dans l’embrasure de la porte de notre chambre et il est sorti du lit, m’a attrapé la tête et a commencé à la secouer. Je pensais, « je vais mourir … il va me casser la nuque. » Et – c’est tellement stupide – j’étais aussi inquiète pour lui . Je pensais: «Il va faire une erreur, et si je meurs, il ira en prison», se souvient-elle en larmes.  

«Après ça, il est retourné dans la chambre. Mais comme il pouvait m’entendre pleurer sur le canapé de l’autre pièce, il est revenu en disant: « Tais-toi ! J’essaie de dormir ! ». Il a commencé à me frapper avec des oreillers, puis il a saisi ma tête et l’a frappé contre le sol. J’ai regardé dans ses yeux et j’y ai vu le vide. Je me disais : « Qu’est-ce que tu fais? Je t’aime, pourquoi fais-tu ça? Je ne comprends pas. »

«Il m’a lâché et il est retourné dans la chambre. J’ai recommencé à pleurer doucement dans l’oreiller, et je pouvais entendre ses pas venir vers moi, alors je me suis préparée. Et je pouvais sentir des coups encore et encore au même endroit. Et puis ça s’est fini. « 

Vahn a pris des photos de son corps meurtri et battu par la suite (publiées sur Twitter). Il y a eu d’autres épisodes violents, se souvient-elle, y compris un incident où Wood a eu des contacts physiques avec elle dans un appartement d’East Village.

«Il m’a mise dans une valise», explique Vahn. 

Le Daily Beast a observé un certain nombre de rapports d’incidents de violences domestiques que Vahn a déposés contre Wood, ainsi que près de 100 photos d’ecchymoses, de coupures et d’entailles qui, selon elle, ont été causées par lui.

Dans une réponse décousue à The Daily Beast, Wood n’a pas nié sa violence envers Vahn, mais a déclaré:

« Si à un moment ou à un autre, je devais infliger des dommages ou de la violence à un individu, ce ne serait que par légitime défense. » 

Il dit que Vahn la « traquait », « avait vandalisé » ses affaires et « frappait, grattait et jetait divers objets sur moi », qualifiant cela de «relation toxique». En ce qui concerne les soirées sexuelles, il dit qu’elle « s’effondrait continuellement » et qu’il « était assez évident qu’elle n’était pas la bonne personne pour explorer ce type de style de vie ».

Selon Vahn, Wood l’a forcé à signer un document déclarant qu’il ne l’a jamais frappé ou fait de mal – puis il l’a emmené à sa banque et l’a fait légaliser. 

«C’était une tentative de sa part de me faire taire après m’avoir frappé le cul», dit-elle.

(Le Daily Beast a examiné l’audio de Wood admettant avoir frappé Vahn tout en lui faisant pression pour qu’elle signe le document; Wood nie qu’il l’a obligé à le signer, appelant cela un «accord de relation domestique» typique.)

Depuis que Heather a publié les photos de ses ecchymoses, Tommy Wood a lancé une campagne de harcèlement et de dox[4]. Il a publié des tas de documents privés, révélant des informations privées dont son adresse e-mail.

Il y a la soi-disant vidéo d’avertissement. «Thomas a récemment publié une vidéo de moi sur son Twitter, dans ma baignoire, disant:  » Cet homme ne m’a jamais frappé « . Cette vidéo a été réalisée sous la contrainte », soutient-elle. «Il a dit:  » Dis ce que je veux ou je ne rentrerai jamais. ». Et j’ai dit tout ce qu’il voulait que je dise, parce que je voulais qu’il rentre à la maison. Et c’était dur. C’était merdique de faire ces vidéos. Vous pouvez le voir dans mes yeux que je me dis « pourquoi je fais ça » ? C’est comme une vidéo d’otage. Je suis clairement sous la contrainte.  » (Wood dit que Vahn a fait ces vidéos «de sa propre volonté».)

D’autres victimes ?

Heather n’est malheureusement ni la première ni la dernière victime de Tommy Wood. Le début de l’article évoquant des messages instagram n’est que le début de la révélation de la dangerosité de cet homme.

Il a acquis une réputation parmi les femmes dans le porno pour avoir fait pression sur elles et les avoir harcelées sur Instagram pour tourner des scènes avec lui (Wood tourne principalement du contenu amateur mais est récemment passé au studio porn).

«Il m’a demandé de tourner du contenu avec lui pour OnlyFans à la fin du mois de janvier, quand j’étais à Los Angeles. J’avais un mauvais pressentiment alors je lui ai juste dit que j’étais trop occupée. Il était SUPER arrogant et agressif et ne voulait pas prendre « non » pour réponse », explique Sydney Leathers. «[Il] a continué d’insister sur le fait que j’avais du temps parce qu’il n’avait « besoin que de deux heures ». Voir le post de Heather a définitivement validé le sentiment étrange que j’avais à son sujet. »

«Il y a plusieurs agresseurs connus qui sont toujours dans l’entreprise, malheureusement, j’ai donc l’impression qu’il est important d’interpeller les gens sur cette merde», ajoute-t-elle.  

Bunny Colby, une autre femme considérée comme « star du porno » explique avoir subi du harcèlement par Wood. Wood a envoyé beaucoup, beaucoup de messages à Colby via Instagram, la poussant à tourner avec lui. «Je ne lui ai jamais répondu. », dit-elle. «Je sais que des tonnes de gens sur Twitter se sont plaints, qu’il insiste beaucoup sur le tournage de contenu et qu’il n’acceptera pas « non » comme réponse, même si elle est directement donnée.»

Une autre victime, anonyme car très renommée dans le milieu, a qualifié Wood d’«effrayant». «Il m’a intimidée dans la vraie vie pour avoir des relations sexuelles avec lui quand je ne voulais pas. J’ai dit OK après qu’il ait continué à demander, mais c’est malheureusement un comportement que je ne reconnaissais pas à l’époque comme un comportement extrêmement inapproprié (culture du viol) », dit-elle. «Plus tard, il m’a demandé à plusieurs reprises de tourner du contenu. J’ai toujours dit non. « .

Le harcèlement, plus PRÉCISÉMENT le harcèlement sexuel, la violence, le viol, sont-ils « des accidents » du travail pour les femmes dans le milieu de la pornocriminalité ?

Depuis ces révélations médiatiques, The Daily Beast a contacté 101 Modeling a propos de Wood. L’agence a simplement déclaré: « Nous avons supprimé Tommy Wood de notre site et ne le représentons plus. Nous espérons que la situation trouvera sa fin. »

Article : The Rising Porn Actor Accused of Abuse and Harassment: ‘He Put Me in a Suitcase’


[1] Porno Prostitution : Pourquoi dire PornoProstitution ? Car Porno vient du Du grec ancien πόρνη, pornē (féminin) qui veut dire « prostitué(e) ». La pornocriminalité est de la prostitution filmée.
[2] Le viol à distance : est une forme de viol qui consiste à pousser la victime à une forme de pénétration sur elle même quand son agresseur ou son commanditaire est à distance. Exemple 1 : Un homme qui se cache derrière un faux profil pour obtenir de la victime une photo compromettante, et par chantage de la diffuser sur le web, lui commande des vidéos pornocriminels. Exemple 2 : Un homme qui sur un site illégal commande un scénario de viol d’enfant, dont il verra soit l’acte de viol en direct par ses « fournisseurs » soit par vidéo.
[3] Stealthing : Viol. Cette pratique consiste à retirer son préservatif sans le consentement de son ou sa partenaire. 
[4] Le dox : (Argot Internet) chercher, trouver et publier des informations privées de quelqu’un sur Internet.

Illustration : Séverin Millet

POUPÉES SEXUELLES : Quel est le problème ?

Il s’agit d’une transcription éditée de Nordic Model Now, venant d’un podcast avec le professeur Kathleen Richardson sur l’obsession croissante de notre culture pour les poupées sexuelles, et ce que cela signifie pour les femmes et les relations humaines.

NMN : Aujourd’hui, je discuterai avec Kathleen Richardson, qui est professeur d’éthique et de culture de la robotique et de l’intelligence artificielle (IA) à l’Université De Montfort au Royaume-Uni. En 2015, elle a lancé, avec un collègue, la Campagne contre les robots sexuels pour attirer l’attention sur les effets problématiques des nouvelles technologies sur les relations humaines et leur potentiel à créer de nouvelles couches d’inégalités entre les hommes et les femmes, les adultes et les enfants.

Elle préconise une technologie sans compassion et sans violence basée sur l’éthique de la liberté et critique les modèles coercitifs et violents de vie humaine qui sont transférés à la fabrication de nouvelles technologies. Elle développe une théorie de la robotique inspirée du féminisme abolitionniste anti-esclavagiste. Elle a écrit trois livres sur le sujet de l’IA et de la robotique. Son prochain livre est Sex Robots: The End of Love .

Bonjour Kathleen. C’est vraiment super de vous parler aujourd’hui, merci d’être venue sur le podcast. Aujourd’hui, nous allons parler de poupées sexuelles et de maisons closes. Tout d’abord, qu’est-ce qu’une poupée sexuelle et qu’est-ce qu’un bordel de poupée sexuelle? Parlons-nous de poupées sexuelles gonflables?

Kathleen : Oui, je pense que l’idée que les gens se font des poupées sexuelles est une poupée en caoutchouc que vous achetez dans un magasin de blagues et que vous apportez à une soirée ou autre événement. Évidemment, vous pouvez toujours acheter des poupées gonflables pour les soirées dans les magasins de blagues. Mais dans ce contexte, ce sont des poupées hyper réelles à part entière. Elles pèsent environ 45 kilos, elles sont donc assez lourdes et elles ont des orifices dans lesquels les gens peuvent les pénétrer. Ce sont donc principalement des poupées « haut de gamme » – fabriquées en silicone, pas en caoutchouc ou en plastique, et avec une structure squelettique en métal.

Les personnes qui les achètent peuvent spécifier ce qu’elles veulent dans son apparence. Donc, si vous préférez les brunes, vous pouvez avoir une brune ou une blonde. Elles sont donc personnalisables et vous pouvez les concevoir exactement comme vous le souhaitez.

Lorsque vous visitez les sites qui vendent ces poupées sexuelles, ils disent que cela peut être votre femme idéale, elle peut être tout ce que vous voulez qu’elle soit, vous pouvez la créer – donc, cette idée égocentrique est à l’origine de cela.

Elles sont assez onéreuses, elles sont actuellement d’environ 2 000 à 5 000 £, et je crois savoir que les entreprises vendent environ quatre cents unités par an. Donc, nous ne parlons pas du tout d’intérêt de masse pour ces produits. Pas encore en tous cas.

En 2015, j’ai lancé la Campagne contre les robots sexuels , et c’est devenu une sorte de gros problème dans les médias. Même si je parlais de robots, les entreprises de poupées sexuelles ont commencé à dire qu’elles conçoivent en fait des robots sexuels à l’aide de plates-formes de corps de poupée. Les poupées sont donc la plate-forme dans laquelle les gens veulent introduire la technologie. C’est une poupée sexuelle.

Qu’est-ce qu’un bordel de poupée sexuelle? Eh bien, un bordel est un endroit où se trouvent des femmes prostituées. C’est l’endroit où les « clients » (johns) peuvent aller et accéder au corps des femmes. Donc, en disant qu’il y a un bordel de poupées sexuelles, vous dites que c’est un endroit où les hommes, principalement, peuvent aller interagir avec des poupées qui ressemblent à des femmes.

NMN : Ont-ils ouvert au Royaume-Uni – Avons-nous des bordels de poupées sexuelles maintenant?

Kathleen : Je crois qu’il y en a un à Londres. Vous devez vous rappeler qu’il y a des maisons closes dans toutes les régions du pays, même dans les villages. Il y a un marché dans l’utilisation masculine des corps féminins. Et il y a aussi un marché dans l’industrie du sexe commercial pour les hommes qui s’intéressent aux animaux ou aux objets. Il existe toutes sortes de marchés de niche qui sont pris en charge dans cette industrie mondiale. Ainsi, les bordels de poupées sexuelles s’inscrivent dans un schéma plus large, celui de commercialiser des fétiches.

NMN : Les auditeurs pensent, et c’est un argument que j’ai beaucoup entendu, la première chose qui vient immédiatement en tête si vous parlez de poupées sexuelles; quel est le problème ? Vous êtes féministe, vous voulez mettre fin à la violence contre les femmes, alors pourquoi est-ce si grave que les hommes paient des poupées? C’est en fait une bonne chose que les femmes humaines soient remplacées par des objets inanimés, et cela sauve réellement les femmes et les enfants du mal. Si ces hommes réalisent leurs fantasmes sur des poupées plutôt que sur des humains, pourquoi cela poserait problème?

Kathleen : Premièrement, rien ne prouve que les poupées sexuelles aient réduit tout type de prostitution ou d’exploitation sexuelle des enfants.

Mais parlons juste de la prostitution. Quiconque a une approche sensée pourrait penser : Eh bien, cela semble raisonnable, cela pourrait être bon, cela pourrait réduire tout le mal qui est fait aux femmes. Mais c’est pourquoi nous devons avoir une analyse féministe, et pourquoi nous devons prendre du recul. Parce que d’une part, nous nuisons aux femmes en permettant à ces lieux d’exister. Pas un mal direct, mais un mal culturel, car cela renforce l’idée qui existe déjà, que les femmes sont des choses, les femmes sont des objets.

Cela créé une culture dans laquelle vous éloignez fondamentalement le sexe de l’intimité. Vous le sortez d’une rencontre intime et vous le normalisez comme un fétiche. Je pense qu’en fin de compte, les fétiches peuvent avoir des effets très néfastes sur notre culture en général.

NMN : Comment ça?

Kathleen : L’approche féministe du sexe et des relations est que vous êtes un être humain et que vos pensées et vos sentiments doivent être reconnus par votre partenaire – et que vous ne vous y opposez pas; que vous n’êtes pas un morceau de viande.

Normalement, les gens doivent négocier entre eux quel genre de sexe ils veulent, quand ils le veulent et quel genre de relation ils veulent avoir, afin d’avoir le sexe. Cette approche est la façon dont nous organisons nos relations civiles.

Ce que fait le marché du sexe commercial, ce qu’il dit; « D’accord, nous allons créer cette sphère en dehors de la société civile, où principalement les hommes peuvent accéder au corps des femmes, ou à tout ce qu’ils aiment d’ailleurs. »

Les gens pensent que cela est inoffensif, car vous avez d’une part des hommes qui se livrent à des relations civiles, puis sortent et accèdent à d’autres relations de manière commerciale. Mais ce qui se passe si vous normalisez ça, et c’est normalisé par la pornographie et la prostitution, c’est que vous créez une relation asymétrique. Vous créez cette expérience où les hommes peuvent interagir avec un véritable être humain mais le traite comme si c’était un bien commercial.

Fondamentalement, quel que soit votre fétiche, vous pouvez aller dans un bordel et vous pouvez le réaliser. Qu’il s’agisse de déféquer sur quelqu’un, de se déguiser en bébé, d’être avec une poupée sexuelle.

Ces objets n’interrompent pas le problème sous-jacent. Le problème sous-jacent est l’échange commercial des femmes, c’est ce qui doit être aboli. Vous ne pouvez pas prendre le problème sous-jacent et le transférer dans un nouveau fétiche de niche, et je pense que c’est ce qui se passe.

Donc, plutôt que de saper la prostitution, tout ce qu’elle ferait serait simplement de créer de nouveaux marchés de niche, et c’est exactement ce que nous avons vu en termes de poupées sexuelles. L’introduction de poupées sexuelles dans n’importe quelle région du monde n’a pas réduit la prostitution. Ce qu’elle a fait, c’est ouvrir un nouveau marché, dans lequel les hommes peuvent s’engager dans ces nouvelles pratiques sexuelles déshumanisées.

NMN : Je pense que beaucoup de gens diraient: les fétiches ne font-ils pas simplement partie du sexe, ne font-ils pas simplement partie de notre sexualité, tout le monde a des fétiches et c’est de cela que notre sexualité est faite ?

Kathleen : Les gens peuvent être excités par différents types de choses, chaussures, odeurs, comportements, etc. En soi, cela ne fait pas de ça un fétiche. Un fétiche, c’est quand il n’y a que l’excitation sexuelle de certains types de pratiques ou d’objets. Ainsi, l’excitation sexuelle provient d’une forme de sexe extrême et incarnée. L’exhibitionnisme, par exemple, est un fétiche, car cela vous excite d’avoir d’autres personnes vous observant avoir des relations sexuelles. Mais c’est très égocentrique, non ? Parce que les gens autour de vous ne veulent pas vous voir avoir des relations sexuelles, mais vous n’êtes excité sexuellement que lorsque vous forcez d’autres personnes à regarder. C’est la même chose avec les chaussures. La littérature sur les fétiches sexuels est très intéressante.

Et si les femmes étaient pleinement considérées comme êtres humains dans notre culture et que nous n’avions pas de pornographie ni de prostitution ? Si quelqu’un disait à son partenaire qu’il était vraiment intéressé par le fait qu’il porte des chaussures, des talons hauts de six pouces, et que le partenaire pouvait dire : je ne suis pas sûr de vouloir le faire, cela ne me fait pas du bien; non, imaginons ensemble quelque chose que nous allons tous les deux aimer. Votre sexualité se développerait avec l’autre.

Cependant, dans notre société, les fétiches sont commercialisés. Ce qui ne devrait pas se faire naturellement – un intérêt à porter des couches à l’âge adulte, les poupées sexuelles, toutes ces choses – se transforme en industries, et continue d’être renforcé. Si l’homme qui cherche ce sexe fétichiste ne peut pas l’obtenir d’une personne dans sa vie, il peut se tourner vers l’industrie, et plus il le fait, plus il s’éloigne de l’intimité et de lui-même, et plus il devient un danger pour l’interaction humaine.

Suzzan Blac

NMN : Le fait que les hommes soient intéressés de payer pour une réplique humanoïde de la forme féminine – sous une forme terne, un objet – révèle la nature du paiement pour le sexe, qui est une transaction déshumanisée, c’est une relation asymétrique où une personne est humaine et l’autre personne ne l’est pas.

Kathleen : Cela me surprend toujours comment vous pouvez déshumaniser une autre personne pour des relations sexuelles payées. La pornographie par exemple est populaire, mais lorsque les gens regardent de la pornographie, l’acte sexuel s’est produit ailleurs, donc les abus se produisent ailleurs et vous ne les observez pas, vous observez simplement l’aspect filmé des abus. Mais, pour entrer dans une situation où vous savez que la femme n’est pas là parce qu’elle s’intéresse à vous, mais parce que vous la payez pour ça, vous devez avoir une forme extrême de psychopathie pour participer à ce genre de comportement.

NMN : Ouais.

Kathleen : C’est pathologique.

NMN : Ouais.

Kathleen :  Nous avons rassemblé suffisamment de preuves maintenant pour montrer que c’est déshumanisant.

Un autre aspect de cela, c’est les gens qui essaient de promouvoir l’idée de robots sexuels – parce que mon domaine concerne vraiment les robots et l’IA, et la technologie des données – quand ils ont commencé à penser aux consommateurs de poupées sexuelles dans leur vie, des robots sexuels, ils ont commencé à faire des analogies avec la prostitution.

En fait, David Levy, qui a écrit un livre intitulé Love and Sex with Robots , dit qu’il a l’idée que le sexe avec des poupées c’est comme le sexe avec des prostituées, parce que vous n’aimez pas la femme prostituée, vous ne vous souciez pas d’elle , et elle vous considère en termes de portefeuille. Il dit que même si les robots sexuels ne peuvent pas ressentir de l’amour, cela n’a pas d’importance, car les hommes qui consomment quotidiennement des femmes qui sont dans la prostitution, n’ont pas d’égard envers ce que ces femmes ressentent.

NMN : J’aimerais savoir ce que les lobbyistes du commerce du sexe pensent des poupées sexuelles et des robots sexuels utilisés dans l’industrie du sexe. Sont-ils pour cette idée ou sont-ils contre?

Kathleen : C’est intéressant. Parce qu’ils considèrent la prostitution comme un travail et le sexe comme une marchandise que vous pouvez vendre, ils voient l’introduction de la technologie dans ce domaine comme une attaque contre leurs compétences. Donc, ils disent donc: Mais un robot ne sera jamais aussi bon qu’une vraie femme.

Vous pouvez vous emmêler dans tous ces débats. Mais voulez-vous soutenir la prostitution afin de prouver que les êtres humains valent mieux que les machines ? Parce que c’est l’irrationalité de tout le débat. Nous savons que nous pouvons utiliser des machines pour éviter le travail humain, nous pouvons le mécaniser, nous pouvons automatiser les compétences et les pratiques. Donc, si vous dites que le travail du sexe est un travail, la logique est que lorsque vous développez des robots sexuels, ils vous enlèveront le travail, et donc c’est un problème.

NMN : Donc, ils sont aussi contre les robots sexuels. Mais pour une raison différente, pas nécessairement une raison féministe.

Kathleen : Oui. Pas parce qu’ils se soucient des femmes, ou de nos aspirations, ou parce qu’ils ne croient pas que nous sommes des objets.

NMN : Oui, ils veulent que les vraies femmes continuent d’être blessées dans l’industrie du sexe. Il semble définitivement y avoir une promotion de formes de sexualité de plus en plus fétichisées, devenant plus courantes. Comme le BDSM était autrefois peu courant. Les gens le considéraient comme un peu effrayant, et c’était une scène underground dans laquelle seuls les cinglés se sont vraiment engagés. Alors que maintenant vous voyez certainement plus l’intégration de ce genre de pratiques, dans la culture populaire et les clips musicaux.

Je ne sais pas si vous avez entendu parler du marché en ligne appelé «Wish». C’est un peu comme eBay. Mais il y a des publicités Wish sur mon flux Facebook, et elles contiennent des choses étranges. L’autre jour, il y avait une publicité pour les couches pour adultes sur mon flux Facebook. C’est tout simplement incroyable qu’on ose même montrer cette pratique à la lumière du jour.

Kathleen : Je pense que vous avez absolument raison et Sheila Jeffreys écrit brillamment sur ce sujet. Mettons les choses en contexte: du point de vue des femmes, cela n’a jamais été bon, cela n’a jamais été une bonne culture pour les femmes. Je pense que la première fois que les choses commencent à devenir positives pour les femmes, cela signifie que les femmes sont des participantes; cela signifierait qu’elles s’engagent dans le sexe en tant que co-partenaire, pas en tant qu’objet, pas en tant que personne à pénétrer.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’intimité entre hommes et femmes depuis des milliers d’années. Mais je dis en général que la pratique du sexe pour les femmes a été quelque chose qui ne concernait pas son plaisir mais celui des hommes.

Dans les années 1960, cette chose étonnante s’est produite: le féminisme est devenu plus courant. Les féministes ont commencé à soulever ces questions selon lesquelles leur plaisir sexuel ne devrait pas être marchandisé, il ne devrait pas être objectivé, et elles ont commencé à critiquer ces pratiques culturelles autour du sexe.

A partir du moment où vous avez des femmes qui disent «Oui, je vais prendre en charge mon propre plaisir», nous aurions dû voir l’abolition de la pornographie et de la prostitution. Mais plutôt que de saisir l’abolition, nous avons vu la prostitution augmenter, nous avons vu, c’est la normalisation des pratiques sexuelles commerciales qui ne sont pas une question d’intimité, ni de réciprocité, ni de mutualité.

Tout ce que ces premières féministes disaient; ce dont nous avons besoin en tant que femmes, c’est d’une sexualité intime, réciproque et mutuelle . Au lieu de cela, ce qui est devenu de plus en plus normalisé, c’est cette nouvelle forme de commercialisation de la sexualité, et je dirais que cela sape la réponse de l’attachement des gens au sexe. Donc, lorsque vous êtes avec quelqu’un et que vous couchez avec lui, vous répondez à la personne, vous ressentez son odeur, son goût…, et grâce à une interaction mutuelle, vous déterminez ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas. Voilà comment cela devrait fonctionner.

Mais ce qui se passe dans notre culture, tant de choses sont générées dans cette sphère commerciale, cette sphère objectivée, et comme vous l’avez dit, elles filtrent dans tous les pores de notre existence. Vous ne pouvez pas vous en éloigner, vous ne pouvez pas regarder une série télévisée sur Netflix destinée aux adolescents de nos jours sans que quelqu’un ne soit étouffé – sans que des actes sexuels pornographiques ne soient affichés. Ce sont des pratiques qui impliquent de nuire à d’autres êtres humains.

Prendre plaisir à nuire est une pratique culturelle extrême. La sexualité est aujourd’hui tellement aliénée de ses racines, de son intimité, que plus elle s’abstrait et s’en éloigne, plus les pratiques déviantes acquièrent d’importance.

Voici comment je vois le problème, si nous avons une culture large de la misogynie dans laquelle les femmes sont objectivées et considérées comme des objets. Où nous normalisons la violence des hommes envers les femmes – et nous le faisons déjà de différentes manières; à travers la pornographie, à travers des images, à travers la musique, etc…- cela renforce l’idée que la violence masculine envers les femmes est normale, que la femme n’est pas pleinement humaine, qu’elle n’a pas une pleine subjectivité.

Voilà ce que cette culture nous dit, rien d’autre si ce n’est que nous vivons dans une culture qui déteste les femmes. 

NMN : Les gens ne vous demandent pas si ce que vous faites, c’est: surveiller ce qu’ils font derrière les portes closes, dans leur vie privée,… Si ils veulent acheter une poupée sexuelle, qui êtes-vous pour les arrêter , qui êtes-vous pour critiquer ce qu’ils font derrière des portes closes ? Comme nous vivons dans une société libre, si ils ont l’argent, ils devraient être autorisés à tout acheter et à faire ce qu’ils en veulent?

Si ils ne font de mal à aucun être humain, alors quel est le problème?

Kathleen : Je suis accusée d’être une perverse. Je ne sais pas qui a inventé ce terme kink-shame, mais ces objets existent en raison de la culture plus large de la misogynie. Si les femmes étaient vraiment égales, nous n’aurions même pas cette conversation, car les gens créeraient autre chose. Ils créeraient probablement un système métapolitique, ou bien alors des briques respectueuses de l’environnement. Leurs énergies seraient consacrées à des choses qui aideraient l’humanité. Mais le fait même que nous ayons cette conversation et que des gens essaient de la normaliser, cela fait partie d’une culture plus large et de la façon dont les femmes sont perçues dans notre société.

Si quelqu’un devait construire un robot qui ressemble à une personne noire, puis créer une association d’esclaves, il y aurait un tollé parce que les gens sauraient immédiatement: Ah! Je peux voir que vous avez créé cet artefact, vous l’avez conçu de cette manière particulière, et vous l’avez associé avec cet imaginaire autour de lui. Je peux voir que c’est vraiment terrible.

En ce qui concerne les femmes, parce que les femmes ne sont pas complètement considérées- nous devons nous battre pour la conscience féministe dans notre culture – nous devons continuellement dire aux gens que ce qui se passe est un problème.

Si vous pensez aux êtres humains, les êtres humains sont principalement intéressés les uns par les autres. Ils recherchent l’interaction sociale, l’attachement. Grâce au sexe physique, vous pouvez avoir toutes sortes d’avantages, comme quelqu’un qui touche votre peau, vous obtenez une sorte d’expérience sensorielle. Toutes ces choses continuent de rapprocher les gens – la capacité d’attachement sous-jacente des êtres humains.

La réalité est qu’il n’y aura pas de masses d’hommes sexuellement excitées par un objet, tout comme il n’y a pas de masses d’hommes sexuellement excitées par des chaussures, je veux dire qui ne peut jouir sexuellement qu’avec cet objet. Cependant, ce n’est pas que les hommes ne peuvent pas être excités sexuellement par des poupées, c’est parce que les hommes ne sont plus excités sexuellement par l’intimité avec les femmes.

S’ils ne sont pas excités sexuellement par l’intimité, la réciprocité, je pense que nous verrons de plus en plus d’hommes se masturber sur de la pornocriminalité lorsqu’ils vont voir des femmes prostituées; ce sera ce genre d’hostilité à l’intimité.

Donc, je pense que de ce point de vue, nous allons voir des gens socialement isolés, regarder de la pornocriminalité ou du matériel extrême en ligne et s’engager dans des pratiques plus extrêmes, et je pense que la culture de la poupée sexuelle va être l’une d’entre elles.

NMN : C’est quelque chose que vous n’entendez que par les féministes. Personne ne donne jamais vraiment cet argument de la pornocriminalité. Mais c’est un aspect évident de la porno, qui façonne vos désirs sexuels et qui façonne votre sexualité au fil du temps. Les gens aiment faire valoir que ce ne sont que des photos de personnes ayant des relations sexuelles, ou que c’est presque comme une forme d’art, ou un certain mode d’expression créative ou d’expression sexuelle. Mais cela recâble votre cerveau, n’est-ce pas ? Cela change la forme de votre cerveau, les centres de récompense et tout ça. C’est addictif. Il y a un aspect chimique, car la dopamine est libérée lorsque vous vous masturbez sur du porno, et cela a un effet très puissant sur votre psychisme.

Vous vous demandez si, avec ces poupées sexuelles, vous allez conditionner la sexualité masculine à un hyper-stimulus et à ce genre de caricatures de dessins animés de la forme féminine qui sont totalement irréalistes. Juste à travers la consommation de porno, cela empêche définitivement les hommes d’avoir des relations sexuelles avec de vraies femmes naturelles, car elle n’est pas comparable aux images hyper-réelles de la pornocriminalité, toute la violence extrême qui se déroule dans la porno. Ou même les faux seins et la chirurgie esthétique, changent déjà la norme de ce que veulent les hommes.

Kathleen : Si nous regardons des endroits comme au Japon par exemple, les normes de porno masculine sont très extrêmes. Il est mélangé avec des mangas et beaucoup d’images de dessins animés sur les enfants. C’est comme le patriarcat des stéroïdes en quelque sorte. Ils ont d’énormes problèmes avec les hommes là-bas, ils ne peuvent tout simplement pas participer aux relations avec les femmes, ils ne connaissent pas les bases du consentement mutuel.

Je dirais que la porno mine l’attachement humain, voyez à quel point c’est grave. Parce que vous ne pouvez pas regarder quelque chose, qui ne devrait être développé qu’à l’intérieur de relations intimes, à travers vos écrans et ces avenues commerciales, puis essayer de le ramener dans votre expérience personnelle comme si cela allait etre une aide. Cela sape les relations intimes. Le sexe est un acte intime entre deux personnes, et en fait, vous ne pouvez pas obtenir du sexe en l’observant sur un écran. Ce n’est tout simplement pas possible.

NMN : Je pense vraiment que la majorité des hommes, en particulier de la jeune génération, ne peuvent pas concevoir le sexe sans cet élément fétichisé, cet élément pornifié. Avec cette dynamique de domination et de soumission qu’ils tirent de la porno et ils ne se rendent pas compte qu’ils ont été modelés comme ça, et que ce n’est pas vraiment de cette façon que les choses se passent.

Kathleen : Oui. Je le vois comme ceci: imaginons que le sexe commercial n’existe plus, il est vu comme une forme d’esclavage, une pratique odieuse, nous l’avons aboli, et donc, ce que nous verrions est un épanouissement de la sexualité.

C’est là, sous la surface, mais cette floraison de la sexualité est basée sur la relation avec les autres. En l’occurrence, la majorité des gens dans notre société [ont leur sexualité] générée de l’extérieur, ce qui signifie que ce qui se passe entre les gens est très robotique, ce n’est pas du tout une véritable intimité.

NMN : Ce qui est intéressant avec les poupées sexuelles et les robots sexuels, c’est qu’elles révèlent très clairement ce que le patriarcat pense des femmes et ce que les hommes attendent des femmes. Les hommes créent leur femme idéale qui est un objet: elle ne peut pas répondre, elle ne peut avoir aucune pensée propre, c’est juste un corps hyper-sexualisé, probablement irréaliste, caricatural.

Ils ne veulent probablement pas vraiment de l’IA dans les robots sexuels. Je ne pense pas qu’ils veulent investir dans leur objet sexuel qui serait particulièrement intelligent, ou même comme un robot ayant beaucoup de volonté. Ils vont juste le programmer pour dire des choses stupides comme « Je suis stupide, fais ce que tu veux. »

Kathleen : Vous savez, c’est tellement vrai. Je pense que la réalité est que nous avons besoin d’une compréhension féministe de tous ces domaines. Nous ne pouvons pas laisser ces types d’idées devenir l’orthodoxie de notre culture. C’est tellement déshumanisant et problématique.

Alors qu’en fait, ce que nous faisons à travers le féminisme, c’est que nous regardons ce qui sous-tend cette culture, ce qui la façonne et comment est-elle façonnée. Nous devons constamment déconstruire la culture dans laquelle nous nous trouvons, mais nous devons ensuite développer nos perspectives en fonction de cette nouvelle analyse, et c’est plus difficile.

NMN : C’est vraiment radical. Mais la plupart des gens prendraient toutes ces choses pour acquises, que c’est juste naturel, et c’est l’ordre inhérent des choses, et ils ne réalisent pas qu’ils ont été si culturellement modelés, et que la sexualité est modelée et leur est vendue. Nous devons responsabiliser, en particulier les femmes plus jeunes, pour qu’elles puissent au moins voir ce qui se passe.

Kathleen : Je pense que nous devons donner aux jeunes femmes d’abord et avant tout un langage sexuel différent, qu’elles n’ont pas actuellement, que les féministes ont développé comme nos ancêtres ont développé, mais qui n’est tout simplement pas largement connu, et nous devons faire connaître ces idées afin que les femmes puissent faire ces choix. Pour moi, je me concentre sur la manière dont les jeunes femmes prennent essentiellement en charge leur subjectivité en dehors de cette objectivation. À quoi cela ressemblerait-il pour les femmes ?

Donc, nous avons besoin le plus possible de pensées féministes radicales au sujet des robots et de l’intelligence artificielle. C’est quelque chose qui doit être fait de toute urgence, et la question que nous devons toujours nous poser en tant que féministes est : cela va-t-il nous nuire ou cela améliorera-t-il la condition des femmes ?

NMN : Ouais. C’est le test décisif.

Kathleen : Oui, c’est ce que vous faites avec chaque problème. Si cela n’améliore pas la condition des femmes, ce n’est pas féministe, et nous devons développer une alternative féministe.

Sur cette note, faisons-le ensemble !


Illustration: Mikyung Lee

Article d’origine : https://nordicmodelnow.org/2020/05/23/whats-the-problem-with-sex-dolls-a-conversation-with-kathleen-richardson/

La Suède va incarcérer les clients de la prostitution

Les dégâts physiques et psychologiques dus à l’activité prostitutionelle ne sont plus à prouver. Les spécialistes comme Muriel Salmona ou Ingebord Kraus alertent sur ce sujet depuis des années, aujourd’hui la Suède prend enfin les mesures adéquates face à ces conséquences irréversibles sur la vie des femmes. Une mesure à la hauteur du crime commis.

« Le gouvernement suédois veut criminaliser complètement l’achat de sexe, en imposant aux acheteurs des peines de prison plutôt que de simples amendes.

«Il s’agit de crimes extrêmement graves», a déclaré la ministre de l’Égalité des sexes, Åsa Lindhagen, des Verts, au journal Svenska Dagbladet .

« Il s’agit de femmes qui sont parfois victimes de violences et de viols plusieurs fois par jour, et nous pensons que la punition devrait refléter davantage la gravité de ces crimes », a-t-elle ajouté.

Actuellement, les amendes sont une solution pour les contrevenants qui sont placés en détention provisoire et confessent avoir payé pour des rapports sexuels.

«C’est devenu une sorte de rachat, avec de nombreux aspects négatifs. Vous payez pour acheter le corps d’une femme, puis vous ajoutez un petit supplément pour une infraction pénale et vous êtes libre de partir », a déclaré Åsa Lindhagen.

En cas d’emprisonnement, les informations du registre de charge sont conservées plus longtemps et deviennent accessibles aux autorités en cas d’amende, ce qui entraîne des répercussions plus graves.

Dans un article d’opinion co-signé avec le ministre de la Justice Morgan Johansson des sociaux-démocrates au pouvoir, Åsa Lindhagen assimile l’achat de sexe à la «traite des esclaves», suggérant qu’il doit disparaître. Les deux ministres ont souligné que la Suède avait ouvert la voie à tout le monde il y a 20 ans lorsqu’elle a lancé une interdiction d’achat de services sexuels. Citant la «loi sur le consentement» de 2018, qui a introduit le concept de viol par négligence , et les mesures juridiques des dernières années contre la traite des êtres humains, les ministres ont appelé à la prochaine étape, qui est de punir les acheteurs de sexe avec des peines de prison.
Citant une enquête récente, dans laquelle 9% des Suédois disent avoir acheté des services sexuels et 80% d’entre eux l’ont fait à l’étranger, les ministres ont suggéré de sanctionner également l’achat de services sexuels à l’étranger.

Dans un autre article d’opinion également publié par le quotidien Aftonbladet, l’inspecteur de police Jana De Geer de la section de la traite des êtres humains de la région de police de Stockholm a affirmé que le consentement ne doit pas être acheté, assimilant les acheteurs de sexe à des violeurs. En conséquence, elle a suggéré d’ajuster les lois sur le viol pour inclure l’achat de services sexuels.

«Imaginez que la Suède, qui a ouvert la voie à la loi sur l’achat de sexe, pourrait à présent ouvrir de nouveaux horizons. Imaginez que notre pays ne parle plus d’acheteurs sexuels mais de violeurs. Pas sur les prostituées mais sur les victimes de viol. Ce serait une fierté! » écrit De Geer .

Aujourd’hui, la peine pour acheter du sexe est une amende ou un an de prison. Fait remarquable, à l’automne 2019, tous les partis parlementaires, à l’exception du parti de gauche, ont voté contre la suppression des amendes de l’échelle des sanctions .
Aujourd’hui, quatre d’entre eux, les sociaux-démocrates, les verts, les chrétiens-démocrates et les démocrates suédois, disent vouloir augmenter la peine.

« Vous ne devriez pas pouvoir vous racheter gratuitement après avoir acheté le corps d’une autre personne, cela devrait conduire à la prison et nous voulons voir une punition plus sévère », a déclaré la députée de gauche Linda Westerlund Snecker, qui avait auparavant fait sensation en appelant, à la radio suedoise, les hommes, violeurs.
Les lois suédoises actuelles sur la prostitution interdisent d’acheter du sexe, mais pas de le vendre. La criminalisation de l’achat, mais pas de la vente de sexe, était un concept unique lors de sa première adoption en 1999. Depuis lors, le modèle nordique a été adopté par plusieurs autres pays, dont le Canada et l’Irlande.

Article d’origine : https://sputniknews.com/europe/202005211079371983-swedish-government-wants-to-throw-sex-buyers-into-jail-as-slave-traders-rapists/

J’ai travaillé une année en Allemagne comme prostituée

Voici le témoignage de Monika, survivante de la prostitution qui a bénéficié d’un parcours de sortie grâce au Mouvement du nid.

J’ai travaillé une année en Allemagne comme prostituée. 

Après plusieurs années de perdition dans plusieurs pays, je suis arrivée en Allemagne. Le système est organisé de façon à ce que chaque travailleur indépendant soit enregistré et paye ses impôts. On nous envoie à l’hôpital pour un questionnaire mais aucun test médical obligatoire. Puis, dans la foulée, on s’enregistre au centre des impôts. Enfin, on nous donne nos cartes de travail. 

J’ai travaillé pour plusieurs agences d’escorts et une maison close à Cologne. On paye de 35 à 40% de nos gains à ces établissements. Certains nous reçoivent en entretien, d’autres s’en fichent complètement. Tous ne sont intéressés que par le gain très lucratif. Après chaque RDV ou chaque journée de travail, on reçoit une facture qu’on transmet au comptable. Encore un métier qui profite allègrement du système prostituteur. Même mon comptable ne répondait par à mes questions par email, aucun suivi, aucun conseil juridique. Mon seul échange avec lui est la facture pour ses honoraires. Et quand je m’agaçais de sa sourde oreille, il m’envoyait balader “On verra à la fin de l’année”. Personne ne nous respecte dans ce milieu. Nous sommes des agents payeurs. 

Une agence avec laquelle j’ai travaillé avait pour habitude de me faire parvenir les feedbacks des filles sur les clients avant que je ne les rencontre. J’ai refusé un client car il avait de mauvais avis. L’agence m’a renvoyé en me menaçant de me faire payer les honoraires sur ce RDV non effectué. Je n’ai jamais cédé. Je ne leur dois rien. C’est eux qui nous doivent tout. Les lois allemandes nous autorisent à refuser un client mais les proxénètes ne l’entendent pas de cette oreille. 

Une autre agence me harcelait plusieurs fois par jour. La gérante m’envoyait des photos de ses chats. Elle voulait m’en donner un. Dès que je voyais son numéro s’afficher, j’avais des palpitations tant elle m’écrivait sans relâche pour connaître des détails de ma vie. Elle me racontait la sienne. Elle aspirait mon énergie. Un jour, j’ai craqué. Je lui ai dit d’arrêter. Elle m’a renvoyé. Il y a aussi beaucoup d’isolement social et de misère sentimentale chez les proxénètes mais je ne les plains pas. 

Il y a aussi beaucoup de clients qui réclament des prestations sans préservatif. Une agence m’a même dit “Avec la loi de 2016, ça n’a rien changé, les filles continuent à le faire”. Il y a ceux qui se plaignent de la “mauvaise qualité” et les agences ne veulent pas les perdre. Alors, on peut avoir moins de travail. Il y en a un qui m’a proposé une cadeau ”très généreux” offre selon ses propos pour éjaculer à l’intérieur. Il m’a proposé 250€ en plus. Il insistait “avec le préservatif, on ne sent rien”. On prend une claque ces jours là. On réalise que certains clients mariés ne se rendent même pas compte du danger. On est souvent plus averties qu’eux. Ce même client avait commandé le room service et m’avait demandé de me cacher dans la salle de bain quand le personnel a livré. Dans un autre sens, il savait que ce qu’il faisait est honteux. J’avais pitié de lui. 

Les clients ne sont pour la majorité pas désagréables mais ils veulent qu’on les aime. Quand ils deviennent réguliers, ils nous demandent si on a pensé à eux, s’ils nous ont manqué. On ment tout le temps. Je ne peux occulter le fait que ce sont des hommes seuls et tristes. C’est le seul point commun qu’on a avec eux. 

J’en ai eu un un jour qui m’avait réservé pendant 18 heures. Ça a été une horrible expérience. J’ai dû réclamer un dîner qu’il refusait de payer. On est des objets pour eux. On n’a pas le droit d’avoir faim ou soif. Il m’a dit “Quand je vais en Thaïlande, je paye 300€ pour 24 heures et la fille donne un bon service”. Tout est dit ! Les agences savent toujours comment on nous traite mais gardent les clients en pensant qu’il y en aura bien une qui ne se plaindra pas. 

Les clients font parfois du chantage, demandent des réductions, demandent qu’on réserve les chambres d’hôtels à notre nom… Les agences cèdent toujours en faveur du client. 

Le gouvernement allemand contrôle parfois. Il réserve des filles dans un hôtel et demande à voir nos cartes de travail. C’est juste pour vérifier si on est enregistrées et si on paye nos impôts. Il n’y a jamais aucun contrôle médical. 

Dans les agences, il n’y a quasiment que des allemandes. Dans les maisons closes, les bordels, les FKK, il y a une majorité écrasante de roumaines, hongroises et bulgares. Elles travaillent pour 30-50€. C’est l’abattage. 

Tous les mois, je me rendais à l’hôpital public pour voir la gynécologue. C’est un service gratuit mais pas obligatoire. Dans la salle d’attente, il y avait souvent des filles très jeunes avec leurs “petits amis”. Elles ne souriaient pas. J’étais outrée de voir cela. J’en avait discuté avec la gynécologue. Elle m’avait avoué à demi-mot qu’elle ne trouvait pas cela normal mais que la loi allemande autorise les filles à avoir des maris et des copains. Ces filles là, si elles travaillent dans un bordel, ont deux proxénètes et elles ne s’en rendent pas compte. 

Sur la zone géographique restreinte de 35km où je vivais, il y a une trentaine d’agences d’escorts, sans compter les bordels, les FKK, les indépendantes… En Allemagne, tout me semble permissible. On prétend contrôler les filles et les établissements mais j’avais plutôt le sentiment que ce qui importe réellement ce sont les impôts qu’on doit reverser. 

Je me rends compte en discutant avec les filles qu’aucune n’est heureuse de faire ce travail. On y va pour des raisons économiques. Dans ma maison close à Cologne, on accueillait les clients en robe et talons. Il fallait être chic. C’est le fils du patron qui nous gérait. Il a 21 ans. Il y avait des vols parfois. On soupçonnait la réceptionniste. Beaucoup de filles avaient des enfants qu’elles élevaient seules. Il y avait une jeune de 20 ans. Elle est arrivée en janvier et avait accouché de son premier enfant en décembre de l’année précédente. Son copain ne travaillait pas. Il gardait le bébé. Elle trouvait cela normal. Certaines sont en rupture familiale, d’autres ne parlent pas l’allemand, ni l’anglais. Ça ne semble pas déranger les clients. Elles travaillent quand même. Dans ces établissements, on est chosifiées. Il n’y a que des prestations sexuelles, aucun échange humain, que du bestial. Je ne vois pas ce qu’il y a d’épanouissant. Je n’y allais que pour combler quand je n’avais pas assez de travail avec les agences. On se créé des besoins d’argent. On devient malade avec ça. 

C’est la troisième fois que j’arrête la prostitution en sept ans. Avec le nid, j’espère que ce sera la dernière. Parfois, j’ai l’impression d’avoir donné sept ans de ma vie à une audience fantôme sans prendre le temps de me faire plaisir à moi. La vie peut être courte. On ne sait jamais quand ça s’arrête. Mon expérience passée me permet de voir certains aspects psychologiques chez les gens. Ma psychothérapeute m’aide à en faire une force pour l’avenir. Dans le passé, il m’est arrivé de me souhaiter une maladie pour que tout s’arrête. Aujourd’hui, je sais que je suis jeune et mon avenir peut être bâti car la prostitution ne m’a pas tuée. 

Je ne peux que dresser un bilan catastrophique du système prostitutionnel allemand. 

Monika 

#4ansloiprostitution #4ansloiabolition #listentosurvivors

C’est quoi la PORNO PROSTITUTION ?

En tant que féministes abolitionnistes, noues ne sommes pas seulement les porte-paroles d’un mouvement, d’un collectif,

NOUES SOMMES AVANT TOUT LES PORTE-PAROLES DE CELLES QUI NE PEUVENT PAS PARLER : LES VICTIMES DE LA PORNO PROSTITUTION

Notre collectif n’a d’existence que dans le but de libérer la parole, montrer la réalité et sauver ces femmes. 

Pour diverses raisons, ces femmes sont muselées aujourd’hui dans le silence.

  • Elles sont encore dans l’industrie et ne peuvent pas parler de peur de perdre leur seul revenu [1]
  • Elles ne peuvent pas parler parce qu’elles ne s’avouent déjà pas être victimes, car comme on peut le lire dans d’innombrables témoignages de celles qui sont sorties de cette sexploitation, se mentir à soi-même, sur cette barbarie, est INDISPENSABLE pour survivre.  [2]
  • Quel intérêt auraient -elles de dénoncer l’industrie qui leur permet de survivre ?
  • Elles ne sont jamais invitées, on ne les cherche même pas de toute façon. 
  • Pour celles qui s’en sont sorties, le traumatisme est encore là, les plaies à vif… Il est beaucoup trop traumatisant encore pour elles de parler de l’horreur qu’elles ont vécue et surtout de faire face aux millions de « consommateurs » qui n’hésiteront pas à les lyncher, qui ne feraient que les affaiblir d’autant plus. Il n’y a rien de pire que des hommes qui remettent votre souffrance en question. Il suffit de regarder le nombre de témoignages anonymes de femmes disant avoir été détruites par la mafia Jacquie et Michel . [3]
  • Elles ne peuvent pas parler, parce que le système de la Pornocriminalité est comme celui de la Prostitution. Leur vie n’est que mensonges et menaces de la part de leurs proxénètes, réalisateurs de films de viols. Elles vivent constamment dans la peur.  [4]
  • Ou elles sont mortes [5]

LE PORNO C’EST QUOI ?

Le porno est une industrie qui se base sur des femmes brisées

“ Ancien commissaire, qui a rencontré d’innombrables prostituées et actrices du hard* : « J’ai connu des milliers de filles. En fait, j’ai plus l’impression d’avoir rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes filles dans le X et dans la prostitution. Mais elles ont les mêmes origines. Presque toutes ont été abusées dans l’enfance. Que ce soit en France, aux Etats-Unis ou en Suède, la constatation des associations, après avoir recueilli de nombreux témoignages est la même. Les milieux défavorisés fournissent un vivier de pauvres filles pour la prostitution et la pornographie. Très souvent victimes d’inceste et violées pendant l’enfance. Ou accrochées aux drogues. Or, constatent les associations, les victimes d’inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d’un traitement ou d’un processus d’aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu’avec des chiens, des ânes, des chevaux, etc. “ L’écran et la réalité. [6]

Donc voilà le profil de vos actrices porno devant lesquelles vous vous masturbez

Vous vous masturbez sur des femmes qui dans presque 100% des cas, sont des victimes d’inceste, de viols, qui ont subi des violences durant leur enfance et qui sont totalement manipulables, sensibilisées, faiblesvulnérables. Vous vous masturbez sur des femmes qui sont en post trauma, incapables de faire la différence entre le bien et le mal car elles n’ont connu que la violence… Ces femmes victimes réitèrent les violences qu’elles ont subies dans l’espoir un jour de pouvoir contrôler cette souffrance et cette douleur. Vous vous masturbez sur des femmes précaires, pauvres, qui se droguent et s’alcoolisent pour oublier leur quotidien, pour oublier la douleur… Vous vous branlez et éjaculez en regardant des femmes qui sont dissociées pour survivre…. elles qui se détachent de leur corps qu’elles ne considèrent que comme une marchandise qu’on donne pour se faire remplir de foutre par tous les orifices qui existent. 

Voilà ce que renvoie l’image du porno. Nous sommes des trous à foutre, des garages à bites, des vides couilles. 

“Je parle en connaissance de cause; le fait d’être en pleine scène de sexe hardcore avec plusieurs acteurs en même temps et de se faire dire de ne plus bouger pendant plusieurs minutes pendant que l’éclairage ou les caméras sont ajustés, est extrêmement douloureux et dégradant. C’est aussi très humiliant lorsque des scènes sont interrompues afin d’essuyer les fluides corporels, comme le sperme, les excréments ou le sang.” Shelley Lubben [7]

“Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Qui s’évanouit pendant les plans coupés. Qu’on redresse tant bien que mal pour l’éjac finale dans la gueule. Nous le savons aujourd’hui.

Beaucoup de sang coule de ces culs anonymes, aux noms de gâteaux.

Certes, ne pas penser qu’un être humain, doté du même corps fragile que votre sœur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s’effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle pornographique, d’en jouir plus tranquillement. Mais ce n’est pas la réalité.” Isabelle Sorente. [8]

POURQUOI NOUES SOMMES PORTE-PAROLES ?

Nous n’avons pas besoin d’être une victime directe de la Pornocriminalité pour comprendre que cette industrie est dévastatrice car NOUS SOMMES des victimes de la porno.

Noues sommes toutes des victimes éduquées à accepter une sexualité basée uniquement sur le désir des hommes, sur le désir machiste pénétratio-bito-centré, nous imposant des pénétrations abusives, douloureuses et longues ! Noues sommes toutes des victimes des hommes éduqués au porno, créant des armées de mal baiseurs qui ont le goût du viol. Noues sommes toutes des victimes des théoriciens comme ELLIS ET FREUD [9] nous conditionnant à vie à penser que notre sexualité est passive, froide, immature et dépendante du pénis. Noues sommes toutes victimes d’une société qui veut nous objectifier, nous pornifier, nous éduquant à centrer toute notre vie, notre corps à un rapport sexuel malsain et ça depuis notre naissance :

  • Concours de mini miss
  • Lingerie pornifiante (à savoir des lingeries faites par les hommes pour LE PLAISIR DES HOMMES) [10]
  • Publicité utilisant le corps des femmes pour vendre (Pornification)

Nous vivons dans un monde de porno !
Le porno est l’ennemi du plaisir féminin ! Il est l’ennemi du clitoris, l’ennemi de l’orgasme feminin. Et j’irais même encore plus loin en disant que le porno est lesbophobe ! Rabaissant les rapports sexuels entre deux femmes à des pratiques toujours bito-centré qui sont totalement en dehors de la réalité ! Les lesbiennes sont les ennemies des hommes car pour un homme éduqué par le porno lesbophobe pénétratio-centré, il lui est impossible de concevoir qu’une femme puisse prendre du plaisir sans lui. [11]

Non nous n’avons jamais assisté à un tournage de film porno, mais faut-il que je sois victime d’un pédocriminel pour comprendre que la pédocriminalité est une abomination et un crime ? NON ! Dois-je avoir connu la traite des noirs pour comprendre que l’esclavage est un crime ? NON.

PORNO AMATEUR, PORNO BUSINESS, PORNO FÉMINISTE :


Il n’y a absolument aucune différence entre le porno amateur,le porno business et le porno féministe, ainsi que la prostitution ! Ils se basent tous sur la même matière première : les femmes détruites !

Revenons aux bases : Porn vient du grec ancien πορν , pórnē , qui signifie « prostituée ». Coïncidence ?

Mais l’excuse du porno féministe est aussi une énième stratégie pour nous vendre du viol filmé sous couvert de feminism washing :

 « Prenons un peu de perspective, hein ? Quand quelqu’un passe 99% de son temps à défendre 0.0000001% d’une industrie tout en évitant de se confronter aux 99.9999999% de l’industrie qui ont des effets réels sur les vies des femmes, cette personne a l’air un peu délirante/défensive/malhonnête. Lâchez l’affaire. Admettez que vous savez que la pornographie est mauvaise pour les femmes et que vous l’utilisez, y participez, ou en profitez malgré tout. Vous ne trompez personne, et je doute même que vous vous trompiez-vous même ». […]

« Savez-vous ce que cela signifie ? Personne ne clique sur les sites qui disent offrir de la pornographie féministe. Des tas de gens cliquent sur des sites qui offrent de la pornographie sur le viol. Si la pornographie féministe existait réellement, cela ne changerait rien, parce que personne ne cherche de la pornographie féministe et personne n’a envie de savoir à quoi ça pourrait ressembler parce que les gens ne regardent pas de la pornographie pour voir deux égaux qui s’éclatent. (et) Pendant que nous perdons notre temps à argumenter sur l’existence ou non de la pornographie féministe, sur la possibilité qu’une féministe soit dans la pornographie mainstream sans être virée du club, sur la possibilité des femmes à participer à la production de porno mainstream et de continuer à se dire féministes, etc., les hommes produisent et consomment assez de pornographie brutale pour nous noyer toutes dans un marécage purulent de misogynie. Ce ne sont pas des hommes dont ces sites proclament que nous allons les voir se faire baiser par des ânes, violer analement collectivement, baiser brutalement dans la gorge, et couverts de foutre. Ce sont des femmes, et ce sont les femmes qui doivent vivre dans un monde saturé d’images de femmes dégradées, dévaluées, déshumanisées, et méprisées. Qu’est-ce qu’on en a à foutre, dans ce contexte, si deux ou trois geeks tatoués du club de théâtre, au QI de 115 et adorateurs de zombies pensent qu’ils ont trouvé un moyen de faire une vidéo de deux personnes qui baisent n’impliquant pas que la femme soit traitée de pute ?” [12]

Et rappelons le bien ici: pensez-vous réellement que si l’actrice n’avait pas d’argent en retour, elle irait donner son corps ?!? Non ! Le porno c’est l’achat du consentement des femmes, c’est de la manipulation, car on veut vous vendre l’idée que le consentement c’est du désir, mais une relation sexuelle devrait se vivre entre deux personnes désirantes, sans argent, sans contrepartie, et non entre deux personnes consentantes, car dans un rapport de domination, dans une situation précaire, dans une situation de faiblesse, le consentement s’achète ! 

PEDOPORNOCRIMINALITE :

Les « actrices » sont des victimes de la porno prostitution, les femmes sont des victimes de la porno prostitution, mais les enfants aussi sont des victimes de la porno prostitution !

116 000 recherches par jour faites pour trouver du contenue pédopornocriminel ! [13]

150 000 mineur·es, sont victimes de viol ou de tentatives de viol. [14]

Les agressions sexuelles et les viols de mineur.e.s sont des crimes de plus en plus répandus dans notre société pornifiée. Voyez donc comment les pratiques objectifient nos filles (80% des victimes sont des filles.):  maquillage, talons, bikini pour enfant, « conseils beauté pour enfant », société narcissique poussée à l’extrême … le porno vole notre enfance. Il met en danger nos sœurs. Le porno met en danger nos enfants ! Le porno c’est la sexualisation de nos filles !

Se battre contre le porno c’est protéger nos enfants !

Pour qu’on n’ait plus jamais à lire dans les journaux qu’un homme a violé son enfant ! Pour qu’on n’ait plus jamais à lire qu’il a voulu essayer des pratiques vues dans le porno ! [15]

Sachez que lorsque des procès ont lieu, que ce soit pour viols ou pour meurtres, l’historique de l’ordinateur de l’accusé est révélé au grand jour… et à chaque fois c’est pareil : consommateur de porno invétéré, allant du gang bang (donc viol collectif) à la zoocriminalité

Les enfants regardent leur premier porno entre 6 et 9 ans [16], et intègrent ainsi que les filles sont à leur disposition. Les agressions sexistes, les viols peuvent même commencer dès la maternelle. Voilà ce que l’on retrouve dans l’actualité aujourd’hui :

“ 2 garçons de 4 ans violent une fillette après avoir regardé du porno ” [17]

“ Un enfant de quatre ans soupçonné de deux viols à la maternelle ” [18]

Oseriez-vous encore parler de choix ? Le porno rend les enfants violents, il en fait des monstres, il éduque les petits garçons à la haine des filles et des femmes ! Il éduque les garçons à penser que les filles et les femmes sont des objets sexuels à leur disposition, et qu’ils ont tous les droits sur elles. Quel genre d’enfant sommes nous en train de créer par l’accessibilité en un clic du porno, par les images pornographiques des vitrines des kiosques à journaux que l’on voit partout ? Par les réseaux sociaux vitrine du narcissisme et de la pornification à outrance ?

LE PORNO EST UNE DROGUE

Nous le savons depuis longtemps, le porno ne rend pas seulement les hommes violents, les scientifiques ont prouvés que le porno est une drogue, aussi dure que la toxicomanie. [19]

Le porno drogue les hommes à la dopamine. Le porno détruit notre cerveau en créant de la dopamine naturelle en abondance. On parle alors de la drogue du plaisir. Notre cerveau détruit des récepteurs de dopamine, ce qui l’appauvrit et engendre une demande de plus en plus forte aboutissant à la volonté de voir des scènes de plus en plus violentes.

Les jeunes sont la cible du porno business, car ils sont plus sensibles à cette drogue, plus manipulables, plus faciles à rendre violents et agressifs. Les nazis eux mêmes utilisaient le porno pour droguer les hommes à la violence [20].

Le porno change les hommes en leur donnant non pas seulement le goût du viol mais aussi en changeant leur vision du désir par une envie de performance. Mais désir et performance sont totalement incompatibles ! A quel moment les hommes qui se branlent devant des viols filmés peuvent attendre des femmes qu’elles soient désirantes alors que ce n’est pas le désir mais la violence qui les font jouir !?! Ils aiment la domination et ne savent pas à quoi peut ressembler une relation égalitaire. Le porno fait croire aux hommes que les femmes aiment être violentées, humiliées, dominées. La pornographie est le continuum de la haine des femmes, c’est la prolongation de 10 000 années de patriarcat. Le porno permet une nouvelle forme de violence contre les femmes…et il nous détruit massivement.

LIEN ENTRE PORNO ET PROSTITUTION

Le porno est de la prostitution filmée ! Citation d’une jeune australienne travaillant dans un bordel pendant 2 ans :

DU PORNO DANS TOUTES LES PIÈCES :

“Il y avait des vidéos pornos qui passaient dans toutes les pièces, y compris à la réception, et il était impossible d’y échapper. Les hommes demandaient aux femmes prostituées de faire ce qu’ils voyaient dans ces vidéos. C’était clair qu’ils voulaient reproduire ce qu’ils voyaient dans le porno, je le savais parce que j’étais forcée d’en regarder tout le temps. Dans ces vidéos, les hommes n’avaient pas de préservatifs, on voyait trois hommes qui éjaculaient sur le visage d’une femme, qui insultaient et humiliaient des femmes, qui les étranglaient, qui leur tiraient les cheveux, qui les frappaient, il y avait du sexe anal—et ça, c’était le porno standard. La prolifération du porno sur internet a forcé les femmes à accepter des pratiques sexuelles qui n’existaient même pas il y a 20 ans. Les clients voulaient des femmes qui ressemblent à des actrices pornos—très jeunes, ayant l’air d’adolescentes, avec des implants mammaires et complètement épilées.” [21]

Comme nous le voyons dans ce genre de témoignages, comme dans ceux de Shelley Lubben, ainsi que celui de Nadia, sur le site prostitutionetsociété.fr [22], l’énorme majorité des actrices se prostituent à côté, sont escortes et continuent à vendre leur corps…car les hommes veulent acheter et louer les corps des femmes. Le lien entre ces deux industries sexclavagistes est indéniable. L’un ne peut exister sans l’autre, et les deux doivent être abolis.  

Le porno n’est QUE de la violence et de la domination masculine. Les pratiques disponibles légalement, les plus regardées et gratuitement sur le net sont : bâillonnement, étouffement, gifles et coups, bukkake qui consiste à l’éjaculation de plusieurs hommes sur le visage d’une femme, double pénétration qui se nomme dans le milieu pornographique “dp : double peine”… sans oublier de dire que les femmes le subissant sont sous anesthésie tellement la douleur est insupportable.

Comment pouvons-nous alors affirmer que c’est un travail !?!

Il est quand même honteux de définir cette pratique comme un job, un job où l’on a 18 fois plus de risques que dans un autre métier. Un job à hauts risques ! Et n’oublions pas de mentionner que l’espérance de vie d’une actrice est de 37 ans selon une étude américaine [23]. 37 ans… A cet âge là, on a tellement de choses encore à vivre, à faire… Le porno tue…

Comme sus-mentionné, le porno c’est des pratiques violentes, brutales. La pratique la plus répandue aujourd’hui est le prolapsus anal qui consiste à faire sortir l’intestin de l’anus des femmes par de nombreuses sodomies violentes qu’elles subissent ; et suite à cela, elles doivent se faire suturer le rectum.

ll n’existe pas de protection sociale pour les actrices et les prostituées. Ce n’est jamais déclaré. Pas de retraite, car leur “métier” ne cotise pas. Mais à quoi bon puisqu’elles mourront certainement bien avant. Regarder la pornographie c’est donc soutenir la précarité et la mort prématurée des femmes. C’est l’exploitation des femmes pauvres et faibles, c’est de l’esclavagisme, c’est criminel. Pour survivre, elles boivent, se droguent, s’anesthésient. Elles meurent très jeunes, souvent d’overdose ou de suicide. Plusieurs actrices hollywoodiennes ayant été en dépression, ont été récupérées par des proxénètes et en sont mortes. Les conditions sont dramatiques comme pour ce qu’a vécu Dana Plato, retrouvée morte d’overdose dans un fourgon pourri, ce qui montre bien une précarité hallucinante et inacceptable. [24]

Le porno est également raciste, la catégorie « interracial » classe les femmes en fonction de leur origine, les représentations sont stéréotypées, donc racistes : on retrouve la femme noire bestiale, la bombe latina, l’asiatique soumise et pédo-infantilisée. Le porno c’est l’humiliation, la torture, l’agonie, la destruction et l’extermination des femmes. [25]

Pourquoi ne faut-il pas écouter les privilégié.e.s de la Porno Prostitution :

Il est temps d’arrêter d’écouter les messagères du mal de l’industrie du viol. Il est temps d’arrêter d’écouter les femmes conditionnées par le patriarcat à sauver égoïstement leur propre peau au détriment des millions de femmes qui meurent prématurément.

1% VS 99%

Il est temps d’arrêter de les écouter car elles ne représentent PAS la réalité. Elles sont une minorité à qui l’on donne la parole, les porte-paroles du business de la sainte kekette. Ces femmes qui disent haut et fort qu’elles ont le choix de sortir de l’industrie quand elles veulent, qu’elles ont même un job à côté, « qu’elles aiment ça », que la porno prostitution n’est même pas leur première source de revenus pour certaines… L’indécence à son paroxysme.

Ces privilégiées, ces mères maquerelles au service de la mafia la plus lucrative du monde, face à des millions d’entre elles qui n’ont QUE la porno prostitution pour survivre, en sont prisonnières, ne peuvent pas en partir, n’ont pas de diplôme, pas de formation, pas de sortie de secours. Écouter ces femmes c’est comme écouter seulement la parole des noir.es qui revendiquaient être bien traité.e.s durant l’esclavagisme. C’est mettre en avant et diffuser une seule parole, une seule voix, telle une propagande Stalinienne manipulatrice, tel un Kim Jong Un du Porno.

Ont-elles le droit de condamner toutes leurs sœurs à la souffrance et à la mort ? NON.

D’autant plus que les victimes qui sont sorties de ce système le disent : lorsqu’on est pornifiée, on est obligée de se faire croire que tout va bien, que l’on est heureuse, et de vivre complètement dissociée pour survivre, pour ne pas mourir.

Ulla, à la tête du mouvement des prostituées se disait « libre de tout proxénète » et revendiquait la prostitution comme un métier parmi d’autres, avant de faire une tentative de suicide et de sortir un livre “comment avez-vous pu me croire” [26]. Rosen, qui est restée 22 ans dans la prostitution le dit aussi dans ces interviews : “pour moi c’était un travail, et au nom de ma liberté, personne ne pouvait m’imposer ou m’empêcher” ; aujourd’hui elle se bat contre ce sexlavagisme.

Il est temps de savoir faire la différence entre libération sexuelle et libéralisation sexuelle.

Nous exigeons l’abolition de la Porno Prostitution. Nous sommes contre l’idée de Robin d’Angelo de légiférer la pornographie car légiférer le porno pour « le bien » des acteurs et des actrices c’est comme demander de créer des lois pour que l’esclavage soit plus respectueux.

On ne légifère pas une violence, on la banalise

Nous n’allons pas attendre gentiment que les oppresseurs comprennent la situation des opprimées et qu’ils changent individuellement de comportement. Quel changement de société a été réalisé ainsi ? Aucun. Si les abolitionnistes de l’esclavage avaient attendu que les blancs changent d’eux-mêmes leurs comportements au travers de la sensibilisation et de la discussion, l’esclavage existerait toujours. Si un esclavage n’est pas interdit, il perdurera toujours, tout simplement car les oppresseurs s’en lavent les mains des victimes et ont des intérêts à garder leur pouvoir. Ils jouissent de leur domination. On ne collabore pas avec l’oppresseur ! Notre objectif n’est pas de séduire l’opinion publique mais de parler au nom des victimes, d’AGIR pour EXIGER l’interdiction internationale des viols filmés, pour que plus jamais une femme ne soit victime des violeurs-tortionnaires. Nous sommes dans un monde patriarcal avec donc une injustice patriarcale. Il est logique qu’il y ait si peu de violeurs condamnés quand on sait que les personnes représentant la justice sont des consommateurs de porno : oui, les juges, les avocats se branlent devant des viols filmés. Même dans notre propre gouvernement, nous avons des ministres violeurs qui ne sont pas condamnés. Dans ces conditions, comment espérer un changement sans actions directes/concrètes ? Nous faisons ici un appel à une mobilisation pour agir contre cette industrie qui tue et violente les femmes par millions tous les jours, dans l’indifférence générale, avec la complicité et la collaboration de l’Etat, de la soi-disant justice. 

“Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d’affilée, se cache un être humain.”

Pour toutes les Alicia, Yolanda, Pauline, Sayannah, Shauna, Karen, Saya, Dana, Lolo, Megan, Olivia, Shyla, August, Yurizan, et toutes les autres. Pour toutes ces femmes mortes dans une industrie meurtrière qui viole, torture et tue les femmes par millions, nous ne cesserons jamais de lutter. Pour notre dignité à toutes, pour que plus jamais nous n’ayons à brandir leur visage ! Tant qu’il y aura ne serait-ce qu’une seule morte, nous serons là, avec elles, jusqu’à l’abolition.

l’abolition.

  • Sources :

[1] [4] https://nordicmodelnow.org/2018/09/08/survivors-speak-out-about-what-prostitution-is-really-like/?fbclid=IwAR1UBd0atDdlDmPwoGqBZ4Lk1Pp14oV2jfpDcGmLEI809WsTO3zimu9eVJw

[2] http://www.prostitutionetsociete.fr/temoignages/rosen-je-me-suis-autodetruite-si-j

[3] https://www.lesinrocks.com/2018/06/19/actualite/societe/jacquie-et-michel-une-jeune-femme-fait-supprimer-des-videos-grace-au-droit-loubli/

[5] https://thebridgehead.ca/2019/01/07/many-porn-stars-viewed-online-are-actually-dead-and-buriedtheir-work-killed-them/?fbclid=IwAR1RjTlXds9nhyz6XZO7bcIPKs_z1MqRzsZYtxxT37yywLZErgtgDJT-Yfw

[6] http://www.cailloutendre.fr/2014/03/pornographie-lenvers-du-x/

[7] http://www.orroz.net/pornostar.htm

[8] http://www.orroz.net/LenversduX.htm

[9] https://antisexisme.net/2015/12/18/sexualite-feminine/

[10] https://www.facebook.com/search/top/?q=lingerie%20patriarcale&epa=SEARCH_BOX

[11] https://www.youtube.com/watch?v=EpTLoYa_Rdo

[12] http://antiporno.canalblog.com/archives/2011/12/12/22944424.html

[13] [14] https://www.thorn.org/child-pornography-and-abuse-statistics/

[15] https://www.journaldemontreal.com/2015/08/09/280-enfants-dun-village-victimes-dagressions-sexuelles-filmees

[16] https://www.bitdefender.fr/actualite/une-etude-bitdefender-rev%C3%A8le-que-les-enfants-regardent-du-porno-en-ligne-d%C3%A8s-lage-de-six-ans%E2%80%A6-2754.html

[17] https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/12/2886970-paris-eleve-4-ans-victime-viol-reunion-camarades-maternelle.html

[18] http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/paris-un-enfant-de-4-ans-soupconne-de-deux-viols-la-maternelle

[19] https://fightthenewdrug.org/how-porn-affects-the-brain-like-a-drug/

[20] https://www.youtube.com/watch?v=3lANzfngE9U&list=FL-jJqOjpa1K1uhgN0r8xsBA&index=43&t=6s

[21] https://revolutionfeministe.wordpress.com/2018/09/30/jai-ete-receptionniste-dans-un-bordel-legal/

[22] http://www.prostitutionetsociete.fr/temoignages/article/nadia-le-x-c-est-des-viols-a-repetition-c-est-inhumain

[23] http://danielrjennings.org/TheAverageLifeExpectancyOfAPornStar.html

[24] https://www.bluejean.fr/biographies/dana-plato.php

[25] https://entreleslignesentrelesmots.blog/2017/06/24/oui-la-pornographie-est-raciste/

[26] http://8mars.info/ulla?fbclid=IwAR0Yn4_vuk12SurJzQDuWGnZ2JTh_Xm0uwFYli7RZYqVVjMxnCpd5GQI1a4