BIBLIOGRAPHIE

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Certaines femmes rejettent le féminisme et n’hésitent pas à se montrer racistes et homophobes. Comment expliquer cet apparent paradoxe ? Andrea Dworkin pense que les femmes de droite concluent ce qui leur paraît le marché le plus avantageux : en échange de leur conformité aux rôles traditionnels, la droite leur promet la sécurité, le respect, l’amour. Elles font le pari qu’il est préférable de prendre le parti du patriarcat plutôt que de combattre ce système dont la violence est trop souvent meurtrière. Mais la droite et l’antiféminisme se fondent sur le mépris des femmes et encouragent l’exploitation de leur sexualité. Une réflexion brutale et sans concession, qui appelle à la révolte féministe. Préface de Christine Delphy.

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« Selon plusieurs enquêtes menées ces dernières années, aujourd’hui, dès l’âge de 11 ans, 95% des enfants ont déjà été exposés à des images pornographiques. Certains ont à peine six ans lorsqu’ils en visionnent pour la première fois ! Avec Internet et les smartphones, il n’est pas étonnant que les jeunes consomment de plus en plus de porno, de plus en plus tôt. En vue d’alimenter cette consommation, d’alimenter le marché qu’ils ont créé, qui repose en grande partie sur une excitation et une stimulation croissantes, les producteurs de porno cherchent inlassablement et inexorablement à le rendre toujours plus dur, violent, dégradant, sexiste ou raciste. Ainsi, au fil des ans, à mesure qu’elle se fondait dans la culture pop et qu’elle changeait de forme, c’est l’ensemble de notre société que la pornographie a changé, avec des conséquences pour le moins désastreuses. Dans cette investigation incisive, Gail Dines examine le processus ayant permis au porno de s’immiscer dans la sphère grand public, son contenu et les conséquences de son expansion. En montrant comment et combien le porno dégrade et mutile les femmes qu’il exploite, nous désensibilise, nuit à notre sexualité et à nos relations sociales, Gail Dines expose indéniablement son omniprésence désormais banale comme un problème de santé publique majeur que nous ne pouvons nous permettre d’ignorer. »

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Quand une ex-actrice de films X raconte l’envers du décor. Quand Karin raconte Karen (Bach).

Estelle a grandi dans la pornographie. A 10 ans, elle commence à devenir accro aux images. A 17 ans elle tourne dans son premier film X. S’ensuivront environ 300 tournages, certains d’une brutalité extrême.

Enfant blessée, jeune fille passionnée de littérature, aujourd’hui irrémédiablement abîmée, Estelle raconte, avec franchise et sans psychodrame, son histoire, celle d’une détresse devant laquelle des millions d’êtres se sont masturbés.

« Plainte contre X » s’attaque au tabou de la pornographie.
Pas étonnant que la pornographie, comme la prostitution, soit un sujet sensible tant il est compliqué d’aborder ce thème sans tomber, soit dans un travers moralisateur et pudibond, soit dans une apologie du sexe, aveugle et inconsciente de ses possibles dommages.

Alexandre Drouet, metteur en scène, a fait le choix, avec ce texte percutant, de provoquer non pas le spectateur mais le débat. Il désire ouvrir les consciences de celles et ceux – consommateurs d’images X – qui n’imaginent pas la violence pouvant se cacher derrière les images d’une certaine industrie du sexe prête à tout pour faire du profit.

Après 1968, la « libération sexuelle » a fait trois petits tours, puis s’en est allée… Aujourd’hui, à l’heure de la génération Youporn, simultanée aux débats sur l’abolition de la prostitution, il est important d’accepter des récits comme celui de Karin Bernfeld et d’ouvrir la parole.

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Alors que l’Assemblée nationale vient de voter la loi sur la pénalisation des clients de la prostitution, cette enquête leur donne pour la première fois la parole. Etat des lieux salutaire et implacable, elle interroge leur responsabilité dans le développement de la prostitution et des trafics, facteurs d’inégalité persistante entre les hommes et les femmes.

Qui sont ces hommes qui paient pour le sexe ? Que pensent-ils ? Pour la première fois, les clients de la prostitution prennent la parole. Et leurs discours, auxquels répondent ici des personnes prostituées, sont un mélange de fantasmes, de peur et d’ignorance des femmes, de malaise et de contradictions.
Partant des résultats de la première enquête d’opinion sur les clients de la prostitution, parue en 2004, Claudine Legardinier, journaliste, et Saïd Bouamama, sociologue, dénoncent la complaisance qui entoure ces comportements traditionnellement masculins. Ils rompent ainsi le silence qui a toujours pesé sur les pratiques des clients pour interroger leur responsabilité dans la montée de la traite des êtres humains, du tourisme sexuel et des violences contre les femmes, mais aussi dans le maintien de l’inégalité entre les sexes.
État des lieux implacable et salutaire, cette enquête remet en cause nos modèles éducatifs et soulève des questions politiques majeures dans une Europe qui légalise la prostitution et le proxénétisme pour le plus grand profit des États et de l’industrie du sexe.

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Laura D. Mes chères études Étudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée « Je m’appelle Laura, J’ai 19 ans. Je suis étudiante en langues vivantes et je suis obligée de me prostituer pour payer mes études. » Issue d’un milieu modeste, Laura part faire ses études dans une grande ville française. La vie est chère, les aides sociales difficiles – sinon impossibles – à obtenir, et les horaires des petits boulots s’accordent bien mal à ceux de l’université. Le cercle de la précarité se resserre, Laura ne semble plus avoir d’autre choix que d’abandonner ses études. Un soir, surfant sur Internet, elle découvre un type d’annonces très particulier : les « rencontres vénales ». Poussée par un besoin impératif d’argent, elle répond à une offre… En un clic, sa vie bascule dans le monde infernal de la relation tarifée. Laura n’est pas seule à se battre avec cette sombre réalité. Des milliers d’étudiantes sont enfermées dans une vie qu’elles n’ont pas choisie. En osant dévoiler son histoire, Laura espère lever l’un des grands tabous de notre société. À travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution via Internet.

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Cendrillon, pour ses vingt ans est la plus belle des enfants, son bel amant, le prince charmant l’emmène vers un paradis blanc. Elle s’y allongera, se perdra dans des nuages étranges, contemplera ses mirages, mais n’y dormira pas. Car dans ce paradis-là les anges ont un sexe. Et elle y sera plus nue que nue.

Elle tournera en rond sous son étoile, tendre Colombine sans lune, s’y brûlera les ailes et assassinera son âme de jouvencelle avec le concours de salopards, de mauvais jouisseurs et de tristes individus pervers même devant l’éternel.
Otage d’un amant, otage d’un enfant pourtant aimé, otage de son corps, quel avenir pour cette Cendrillon trop jolie pour ne pas être salie par les hommes ?
Ce n’est pas une jolie petite histoire, le gyrophare de l’ambulance tourne, comme dans la chanson. Sados, masos, putes, clients, hôtels de passes, hôtels d’ennuis, sexploitation, perversion et compagnie…

Ce n’est pas une vie choisie, c’est une vie subie pour cette héroïne à la seringue rouillée.
Connaissez-vous plus terrible situation que d’être prisonnier de soi-même ? Du mal que l’on a décidé de se faire ?

Ce texte de Magnitudes 8, étrange et envoûtant, poétique et réaliste à la fois, ne donne pas dans le voyeurisme, ni dans le reportage, mais témoigne du parcours de l’auteure. Sans filtres. Sans masques. Sans excès. À lire avec respect. Respect et recul.

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Longtemps, la vie de Laurence n’a été qu’une succession d’épreuves dramatiques : inceste, prostitution, alcoolisme, accidents… Mais, à chaque fois, elle a trouvé en elle des ressources insoupçonnées pour se relever, jusqu’à renaître. Avec un sens aigu de l’analyse, elle propose à tous les pistes expérimentées, étape par étape.

C’est le récit d’une femme que la vie n’a pas épargnée, voire a profondément meurtrie depuis son plus jeune âge. Le genre de vie dont beaucoup ne se relèvent jamais vraiment.
Une enfance difficile auprès de parents instables, la violence subie, l’inceste et le silence meurtrier, l’enfer de la drogue, de la prostitution, et l’alcoolisme pour tenter de tenir le coup, vaille que vaille. Un lent suicide, une mort certaine à soi-même. Avec au fond d’elle une honte et un dégoût de soi qui l’enfonce plus encore.
Pourtant, Laurence a puisé dans ces expériences douloureuses une immense force qui l’a toujours poussée à continuer de vivre, à repartir, à trouver les clefs pour avancer, coûte que coûte. Sur ce chemin de croix, l’amour gratuit et désintéressé, la foi, l’accompagnement de psychothérapeutes puis la sophrologie ont été de puissants leviers sur lesquels elle a pu s’appuyer pour se relever. Elle veut les partager aujourd’hui avec tous ceux qui souffrent, à leur manière, de ces hontes et de ces complexes qui empêchent de vivre avec plénitude.
Pendant des dizaines d’années, sa vie est une succession de chutes et de renaissances. Un parcours raconté sans pathos, avec pudeur et dignité. Sa singularité tient à l’analyse en profondeur qu’elle peut en faire grâce aux outils de développement personnel qu’elle expérimente depuis, dans sa vie et comme sophrologue.

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Montréal en hiver. A l’heure où la plupart des habitants se rendent à leur travail, Florence attend un homme dans son salon de massage érotique. Cette journée va faire voler en éclats les faux-semblants qui jalonnent son existence.

Ce court récit est un pamphlet enflammé contre la prostitution et la société marchande.

« Elle n’était pas une pute : elle était « travailleuse du sexe ». Elle avait des horaires, un tarif, un catalogue de prestations. Un job comme un autre. Tous ces éléments de langage avaient pour but d’aseptiser la réalité crue, trop brutale pour être appréhendée sans filtre : que la prostitution est une chose sordide, dégradante, même lorsqu’elle se pratique sur une table de massage désinfectée, sous une guirlande lumineuse et dans des effluves de parfum. Florence sait que pour les hommes qui la payent, elle est au mieux un fantasme, au pire un réceptacle de haine et de mépris – mais en aucun cas un être humain. »

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Si la prostitution s’est mondialisée (tourisme sexuel, traite des femmes et des enfants à des fins d’exploitation sexuelle) en essaimant dans le monde entier, le combat contre cette industrie d’inégalité sexuelle s’est lui aussi mondialisé. De plus en plus d’États adoptent une perspective d’abolition de la prostitution, laquelle consiste à décriminaliser l’activité des personnes prostituées et à criminaliser ceux qui profitent de la prostitution d’autrui, à savoir les proxénètes et les prostitueurs.

« L’histoire des civilisations jusqu’à nos jours est l’histoire de la subordination marchande des femmes et des enfants au plaisir sexuel masculin », écrit Richard Poulin, dans son manifeste pour un monde sans prostitution.

Après avoir présenté un aperçu historique de la prostitution, de l’abolitionnisme, du libéralisme et des impacts du capitalisme néolibéral sur la sexualité vénale, le chercheur définit concrètement les principes, les conditions et les moyens à mettre en place pour en finir avec cette industrie. La prostitution n’a pas toujours existé et, comme le système esclavagiste, elle peut être abolie.

Il s’agit d’un vibrant plaidoyer pour l’inaliénabilité du corps humain et l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette égalité restera inaccessible tant que l’on ne mettra pas fin à la prostitution.

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Pourquoi des hommes agressent-ils sexuellement des femmes, des enfants ou d’autres hommes ? Pourquoi des hommes payent-ils pour des relations sexuelles ? Pourquoi consomment-ils de la pornographie ? Pourquoi battent-ils leur compagne ? Pourquoi tuent-ils leur conjointe ou leurs enfants ? Pourquoi prennent-ils les armes pour massacrer leurs collègues d’étude, de travail ou des gens à l’église, à la mosquée, à la synagogue, ou encore tirent-ils de façon aléatoire sur des cibles qui leur sont inconnues ? Pourquoi sont-ils des meurtriers en série à caractère sexuel ?

Violences dites domestiques ou conjugales, agressions sexuelles, meurtres, fémi­nicide, les femmes sont les principales cibles des violences masculines. Et les violences, qu’elles soient sexuelles ou non, puisent en grande partie leur origine dans certains clichés sur les droits des hommes dans le domaine des rapports sociaux de sexe. La banalité de la violence masculine, qui est multiple et trop souvent létale, est mondiale et frappe les femmes et les filles des sociétés du centre du capitalisme comme des sociétés de la périphérie, des États démocratiques comme des dictatures. La pratique massive des viols pendant les guerres n’est pas l’apanage d’un peuple, d’une nation, d’une ethnie ou d’une religion en particulier, mais bien de l’ensemble des forces armées. Le viol est une arme de guerre. Ce n’est pas une culture nationale, ethnique ou religieuse en particulier qui est la cause de cette violence, de cette soumission des femmes au plaisir masculin, mais bien une culture patriarcale qui s’exprime par une culture d’agression.

Beaucoup d’hommes dissocient sexe et affectivité. C’est évidemment le cas des prostitueurs. C’est ce que les jeunes apprennent dans la pornographie. C’est ce que certains pratiquent en agressant sexuellement. Cette dissociation est l’un des traits de la masculinité des sociétés patriarcales.

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Pour Sade (1740-1814), l’homme a le droit de posséder autrui pour en jouir et satisfaire ses désirs ; les humains sont réduits à des objets, à des organes sexuels et, comme tout objet, ils sont interchan­­­gea­bles, par conséquent, ano­nymes, sans indivi­dualité propre. Ils sont instrumentalisés pour que le dominant puisse assouvir ses fan­tasmes d’asservissement. Sade annonce l’avènement de la société pro­duc­tiviste. Son monde reflète le mécanisme de production, avec son organisation, ses représentations, ses symboles, ses différentes formes de rationalisation, une économie politique de la production corporelle, favorable à l’objectivation des femmes et à leur soumis­sion sexuelle, piliers de la modernité capitaliste. Sade est moins un auteur « subversif » qu’un prophète du capita­lisme sexué.

« C’est la valeur qui fait l’homme », soutient Roswitha Scholz. Le capitalisme, c’est-à-dire le règne de la loi de la valeur, a donc un sexe. La société bourgeoise se fonde sur une dissociation entre la sphère de la production et celle de la reproduction (sphère publique versus sphère privée), tout au profit des hommes comme sexe dominant et du Capital. Le sadisme social con­centre certains des éléments constitutifs de la mar­chandise : aliénation, réification, dépossession, appropriation et servi­tude, sur la base d’une violence sexuée qui rend pérenne les rapports de domination et de soumission.

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Publications de Richard Poulin :

https://www.cairn.info/publications-de-Richard-Poulin–23169.htm


Pendant des siècles, la prostitution n’a existé dans le débat collectif que comme objet de mythes et de fantasmes. Dans le brouhaha d’opinions, d’articles, d’études, de romans et de tableaux évoquant ou étudiant la figure à la fois fascinante et repoussante de la prostituée, il y a un point de vue dont l’absence est aveuglante, c’est celui des premières concernées, les femmes prostituées elles-mêmes.

Les témoignages de survivantes de la prostitution occupent la place d’honneur dans ce livre. Les femmes interviewées abordent bien des aspects invisibles de la prostitution, comme le fait de risquer sa vie tous les jours, d’être recrutées dans la prostitution très jeune, de voir la situation se dégrader dans les pays qui ont légalisé l’activité des proxénètes et des prostitueurs, d’espérer sortir de la prostitution, de se buter à sa modernisation et à son uberisation, mais aussi de subir la violence prostitutionnelle, qui ne se résume pas à ses manifestations les plus évidentes : agressions, viols et féminicides commis par les prostitueurs et les proxénètes. Cette violence, rappellent-elles, est d’abord dans le fait même de subir des milliers de pénétrations non désirées, le plus souvent avec répugnance, de la part d’hommes habituellement méprisants et profondément sexistes. Cette violence quotidiennement répétée laisse inévitablement des séquelles physiques et psychologiques.

Fortes et instructives, ces voix pulvérisent les mythes sur les prostitueurs et montrent comment fonctionne le proxénétisme

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ARTICLE DE FRANCINE SPORENDA :

https://revolutionfeministe.wordpress.com/?s=prostitution+porno


Pour toi Sandra donne vie à une adolescente traquée par un réseau de prostitution.
Un récit fort, porté par deux beaux portraits de femmes

Sandra La bande dessinée tourne autour d’un petit nombre de personnages. Sandra, adolescente un peu paumée, fuit une mère peureuse et sans autorité, à qui elle n’a jamais su se confier. Elle pense découvrir en la personne du séduisant Michaël l’homme en qui elle pourra enfin placer toute sa confiance, tout son besoin d’amour.

Michaël Michaël, un type brutal, vivant d’expédients, qui sait comme personne alterner les claques et les cadeaux d’amoureux transi. Tout son art consiste à faire miroiter un avenir meilleur, à coups de “potes friqués” et d’invitations répétées, de beaux appartements en villa avec piscine…

Doris, responsable d’achat dans la confection, un fils, un compagnon. Sa rencontre avec Sandra fait renaître en elle le souvenir d’une période qu’elle a cru pouvoir oublier. C’est en lâchant la vérité à cette dernière qu’elle pourra enfin commencer à s’en délivrer, son expérience devenant alors positive puisqu’elle prend valeur d’exemple et sauve Sandra d’un destin qui semblait tout tracé.

Doris L’auteur aurait pu se contenter de conter de manière linéaire l’itinéraire d’une jeune fille. Son choix a été plus subtil : entrecroiser deux histoires, les parcours de deux femmes que le hasard vient à mettre en présence. L’une, Sandra, sur le point de tomber aux mains de proxénètes, l’autre, Doris, vivant avec le souvenir douloureux de sa propre adolescence passée dans la prostitution. Une construction en écho, un double éclairage, qui permet au scénario d’explorer l’expérience même de la prostitution, autant que son “avant” et son “après”.

Derib réussit le prodige de ne pas parler de prostitution, de ne pas la montrer pendant la moitié de l’album. Elle n’apparaîtra qu’avec la prise de conscience de Sandra, parallèle au récit de Doris. Pour toi Sandra évite ainsi les écueils du voyeurisme et de la violence tout en peignant avec réalisme l’expérience de la prostitution : en écoutant les paroles d’anciennes personnes prostituées, l’auteur a puisé dans leur vie les éléments de la fiction.

C’est tout le talent de Derib d’avoir réussi une histoire palpitante, aussi riche en informations vraies. Rien, dans le scénario de Pour toi Sandra, n’est exagéré pour les besoins de la cause ; tout, dans le dessin, affermit cette volonté de vérité.

Pour toi Sandra : un succès mérité.


Dans l’« Amour amer », on découvrait Ulla, leadeuse du mouvement des prostituées en 1975. Avec « La chair du désert » elle nous entraînait dans le monde de la prostitution. « L’Humiliation » dévoile une tout autre Ulla, sa vérité, le réel visage de la prostitution, celui que l’on voit quand on sort du déni. Bafouée, flétrie, rejetée à chaque fois qu’elle tente de recouvrer sa dignité. Elle l’avoue enfin : ce qui la lie inexorablement à son proxénète, c’est une chaîne, qui s’appelle l’emprise. Et la « réinsertion » dans la société est difficile. Pour la première fois aussi Ulla laisse la parole à l’autre, Pierre, l’homme de l’ombre, son homme. Une voix jamais entendue. Après un long voyage dans les abysses du système, Ulla offre un livre dur, celui de la honte et du mépris.

Ce livre souligne avec force le lien étroit, quasi indissoluble, entre elle et celui qui fut à la fois son mari, le père de sa fille et son souteneur. Lien qui passe par les coups, les affaires tordues, les humiliations incessantes, mais aussi l’argent, les voitures de course, le luxe, accompagnés de l’insécurité et de l’errance. Au fil des pages, Ulla montre à l’envie que la prostitution n’est pas un « métier comme un autre » et surtout l’extrême difficulté, pour celles qui le souhaitent à sortir du cercle prostitutionnel. Cette difficulté tient autant à une société où il est difficile d’échapper à son passé de prostituée, qu’aux liens personnels et étroits qui unissent les « protégées » et leurs proxénètes. Ce fut le point aveugle du mouvement de 1975.

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« II existe une face scintillante et presque aimable de la prostitution, une apparence faite de folklore, d’exotisme, renforcée par une vieille tradition gauloise et rabelaisienne. Ce cliché arrange en réalité tout le monde. On veut esthétiser la prostitution, la rendre romanesque, pour éviter de la regarder en face, ce qui obligerait à constater qu’elle est atroce, sordide, tragique. » Cette hypocrisie généralisée, dénoncée dans sa préface par Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, a fait se perpétuer, jusqu’en notre XXIe siècle, une forme particulièrement odieuse d’esclavagisme.
Or, aujourd’hui même, presque sous nos yeux, les trafics prennent de nouveaux visages, le proxénétisme se renforce et s’internationalise. Personne ne peut s’en laver les mains, de l’État qui laisse faire et s’enrichit sur le dos des victimes, aux médias qui ne traitent trop souvent la question que sous l’angle du fait divers, des bénéficiaires directs ou indirects du marché du sexe au client potentiel qui se cache derrière tout citoyen.
Ce Livre noir de la prostitution se veut un livre de constat, mais aussi de combat. Combat de la Fondation Scelles et de nombreuses associations pour que cesse l’exploitation sexuelle de millions de femmes, d’hommes et d’enfants en France et dans le monde, avec son cortège terrible de violence, de drogue et de misère humaine.
Par quels moyens notre génération pourrait-elle abolir cette infamie trop oubliée, comme d’autres ont lutté contre l’esclavage, le racisme ou la torture ? Le débat est lancé par ce livre et par les associations. II nous concerne tous.

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 » Je ne suis pas une pute, je suis une fillette des Ardennes qui s’est perdue, une femme, une mère, avec un cœur, une âme, qui s’est prostituée pendant plus de cinquante ans. « 

Linda a aujourd’hui soixante-dix-sept ans. Enfant, elle a grandi dans une maison sans eau, sans électricité… sans argent. Lorsqu’un garçon la séduit et la conduit dans sa Buick à Paris, l’innocente se rêve une autre vie.

Mais en cet hiver 1963, Gérard l’oblige, à tout juste dix-neuf ans, à se prostituer. De morsures en caresses, il l’enchaîne à ce métier. Une plaie s’ouvre, qui ne se refermera jamais.

À travers la voix de Linda qui se livre à cœur ouvert, c’est le parcours de toutes les infortunées qui se raconte de l’intérieur – l’extrême violence des débuts, l’engrenage de l’argent, les avortements, les demandes sexuelles les plus effrayantes, mais aussi d’infinis moments de tendresse avec certains clients.

Ce livre, Linda l’a écrit pour sa fille, à qui elle a toujours caché son activité. Une manière de se réconcilier avec elle-même et avec les siens.

Elle l’a aussi écrit pour toutes les adolescentes à qui l’on promet, un jour, de l’argent facile. À ces dernières, elle dit :  » On ne s’élève jamais en vendant son corps, au contraire, on descend toujours plus bas, parfois jusqu’aux ténèbres… « 

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Prostitution, maternité et substitution et dissociation de soi

Depuis quelques décennies, on assiste à une marchandisation croissante du corps des femmes. D’un côté, le capitalisme néolibéral a engendré une industrie prostitutionnelle mondialisée : d’un continent à l’autre prospèrent les réseaux de tourisme sexuel et de traite des femmes à des fins de prostitution. L’industrie du sexe est l’un des secteurs les plus lucratifs de l’économie mondiale. De l’autre, la maternité de substitution – des femmes portant des enfants pour autrui –, est désormais une activité économique considérable. En Inde seulement, elle rapporte plus de 400 millions de dollars par année.

Aujourd’hui, plusieurs justifient que le corps des femmes soit transformé en une marchandise sexuelle ou maternelle. D’un côté, on exige la décriminalisation ou la règlementation de la prostitution au nom du « travail du sexe ». Du plus vieux métier du monde, la prostitution serait devenue le métier le plus moderne, un métier comme un autre, voire une pratique libératrice. De l’autre, de nombreux États légalisent la maternité de substitution. Pourtant, on nous assure qu’il n’est question ici que de la promotion des droits des femmes. Une femme qui vend son corps à des fins de prostitution ou qui loue son utérus pour donner naissance à un enfant accomplirait une action rationnelle prouvant son « autonomie » voire sa libération postmoderne des stéréotypes patriarcaux. Elle ne serait en aucune façon une victime, mais bien une personne active sachant quels sont ses véritables intérêts. En fait, la prostitution et la maternité de substitution ne seraient que des activités « compensatoires pour du travail féminin non rémunéré ».

Incarnation de l’aliénation et de la réification, l’actuelle marchandisation du corps des femmes est saisie par la journaliste suédoise Kajsa Ekis Ekman non seulement en tant qu’instrumentalisation des unes au profit des autres, mais également dans la dimension dissociative de soi qui la marque.

Ce livre, qui s’appuie sur une riche documentation et une enquête menée dans plusieurs pays, est une contribution capitale à la compréhension de la dyna­mique actuelle des formes renouvelées de l’oppression des femmes et déconstruit les discours les légitimant.


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