Survivre au BDSM, au porno et à la prostitution, interview de Bianca Bastiani.

Autobiographie disponible sur Amazon et toutes les plateformes, chez les libraires sur commande et chez l’éditeur :
https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-trottoir/


Avant Propos : Cendrine Bianca Bastiani nous a bouleversées avec son excellent roman autobiographique, Cendrillon du Trottoir. Parce qu’elle a cette capacité à traduire à l’écrit, avec beaucoup de justesse, les épisodes les plus sombres et les plus complexes de son parcours dans le porno, la prostitution et le BDSM, nous avons demandé à nos abonnées de lui poser toutes leurs questions. Comme à son habitude, Cendrine y répond avec simplicité et profondeur et nous l’en remercions chaleureusement.


Interview du 10 février 2021 par Daria Khovanka et Joana

CAPP : Comment vas-tu ? Comment est ta vie aujourd’hui ?

BB : Je fais aller mais c’est encore difficile. Je souffre d’une forme sévère de la maladie bipolaire. J’en étais déjà atteinte à l’époque de la prostitution et de la pornographie mais le diagnostic n’était pas encore tombé.
Ce que j’ai vécu c’était de l’abus de faiblesse sur personne vulnérable. Je n’en avais pas conscience alors mais maintenant c’est clair. Je pense que ces années de sévices sexuels et psychologiques ont aggravé mon état. J’ai connu au sortir de cette vie sordide le stress post-traumatique et la dissociation. Je me dissociais régulièrement pour supporter cette existence durant ma période dans la porno-prostitution. Actuellement mes nuits sont un calvaire ; insomnies, cauchemars récurrents et TOC alimentaires. Les cauchemars sont particulièrement pénibles et perturbants. Ils me replongent sans cesse dans mon ancienne vie. Je prends énormément de médicaments. J’ai un traitement lourd et je suis reconnue adulte handicapée. Je suis suivie par un psychiatre et une infirmière-psy. Je ne peux pas travailler, à part dans l’écriture. Je perçois une pension pour subvenir à mes besoins. Je suis célibataire. Je ne peux plus concevoir la moindre relation sexuelle. Je suis devenue frigide et le sexe me dégoûte. Depuis 2 ans, je suis une jeune grand-mère. C’est là ma plus belle satisfaction. Sinon je mène une existence casanière et solitaire très protégée du monde extérieur. Néanmoins, j’estime que j’ai de la chance car je m’en suis sortie. J’ai survécu et j’ai trouvé la force de témoigner dans mon autobiographie « Cendrillon du trottoir ». En parler et briser le silence pour libérer la parole des victimes me tenait particulièrement à cœur. Je suis fière d’avoir pu le faire. 

 CAPP : Comment cela a commencé ? Quels ont été les facteurs d’influences ?

BB : Ça a débuté par une mauvaise rencontre alors que j’avais 17 ans avec un jeune majeur. Je suis tombée amoureuse du « mec » qu’il ne fallait pas, le profil type du pervers narcissique, manipulateur et obsédé sexuel. C’était dans les années 80. Je ne connaissais rien à la vie ni à la sexualité. J’avais grandi surprotégée dans une famille bourgeoise catholique. Rebelle, j’étais en pleine période de révolte. Lionel c’était le petit caïd du village, le mauvais garçon. Moi, j’étais la bonne élève sage et timide… Nous nous sommes très vite mis en couple et j’ai eu un fils, Lucas. Entre-temps, nous avions déménagé loin de mes parents et amis. Petit à petit l’emprise s’est installée. Il a commencé à devenir violent en paroles et ensuite dans ses actes. Lorsqu’il a perdu son emploi à cause de la crise du golf, les difficultés financières sont apparues. Dans ce contexte, j’ai commencé à « travailler » dans un bar américain. C’était de la prostitution déguisée. Et puis la descente aux enfers a commencé. Lionel exerçait un véritable chantage affectif se servant de notre enfant. J’étais prête à tout pour ne pas perdre Lucas. C’est ainsi qu’il m’a maintenue prisonnière d’une geôle qu’il a lui-même façonnée. C’est très bien expliqué dans mon livre.

CAPP : Dans ton livre, tu évoques quelques jeunes femmes que tu as vues graviter autour de l’univers du porno avant d’y entrer. Pourrais-tu nous parler un peu de ces femmes, de tes relations avec elles à l’époque, de ce que tu as observé et de ce que tu en penses aujourd’hui ? Ces scènes m’ont interpellée à la lecture de ton livre car j’ai vécu des situations similaires à l’époque de la prostitution avec mes amies : cette envie de les protéger tout en étant incapable de nommer réellement la violence et de la partager avec elles… C’était complexe et j’ai encore du mal à l’analyser, et j’ai trouvé que tu en parlais avec beaucoup de justesse dans “Cendrillon du trottoir”.

BB : Je pense que tu évoques le personnage de Coralie (tous les noms ont été changés dans mon livre). C’était une amie de Lionel. Il l’avait connu en faisant de la CiBi. C’était aussi la nounou attitrée de Lucas. Elle avait un très bon contact avec les enfants et je pouvais lui confier mon fils les yeux fermés. Nous étions très liées. J’avais de l’affection pour elle. Le mieux pour bien comprendre, je vais reproduire ici un extrait de mon autobiographie, un dialogue entre nous deux :

« Lionel est furieux. Tout a commencé à propos du ménage, pas assez bien fait à son goût. J’ai seulement répliqué que j’avais passé l’aspirateur, mais que Caramel perdait les poils par poignées en ce moment. Le Maître n’a pas apprécié que je lui réponde, je sens que je vais passer un mauvais quart d’heure. Soudain, Coralie fait son entrée, à point nommé pour me sauver in extremis.

— Salut la compagnie ! Cool ! Faut pas gueuler comme ça, tous les deux ! On vous entend depuis la rue ! Aujourd’hui, je vous offre les petits gâteaux, vous fournissez le café ! Tu viens Cendrine, on va à la boulangerie ! Lionel, tu me la confies !

Sur le chemin, je suis encore toute tremblante.

— Et remets-toi Cendrine ! Il va se calmer ton homme. J’ai l’impression que je suis arrivée à temps. Tu sais, ça a beau être mon pote, je trouve qu’avec toi, il exagère quand même.

— Merci Coralie, encore merci. J’en ai marre… Je n’en peux plus… Si tu savais tout ce qu’il m’oblige à faire…

— Je ne dis rien, tu sais, mais j’observe et je sais beaucoup de choses.

— Comme quoi ?

— Et bien Lionel, en quelque sorte, c’est ton mac ? Mais, je vous juge pas moi. C’est votre problème, ça. Et moi je vous aime bien tous les trois. Allez, ça va finir par s’arranger.

— Merci, t’es gentille.

— Tu sais, j’ai parlé d’un truc à Lionel, mais je t’en parle aussi à toi pour que tu saches. Voilà, mon usine à salade, en ce moment, c’est presque le chômage technique. Alors, heureusement que je fais la nounou avec Lucas. Mais un petit coup de pouce serait bienvenu. C’est pour ça que j’ai demandé du taf à Lionel dans vos productions. Tu vois, pour le maquillage et la coiffure, je suis douée pour ça. Lionel pense qu’avec mon physique, je pourrais faire un peu de figuration aussi. C’est chouette, non ? Tu trouves que j’ai un physique ? Je vais peut-être faire un régime…

— Ne t’emballe pas, tu commences par de la figuration et tu ne sais pas où ça va te mener. C’est une saloperie ce métier, je ne le conseillerai même pas à ma pire ennemie. Enfin, Coralie, tu es une fille bien ! T’as pensé à tes parents ? Je t’aurai prévenue, tu es mieux aux salades ; moi, si j’avais la santé, j’irais trier les salades…

— Toi, aux salades ? C’est pas un job pour toi ! Arrête !

— Parce que tu crois que pute, c’est un job agréable ? »

CAPP : Comment as-tu vécu la période d’écriture de ton livre ? Sa sortie ? Comment as-tu vécu la manière dont le livre a été reçu et perçu par certains lecteurs ? Je pense notamment à Amazon qui a classé ton livre dans la catégorie “roman érotique”… Peux tu nous parler de ce que cela représente de dire la réalité sur le milieu porno-prostitutionnel dans un monde qui le glorifie ?

BB : Écrire ce livre m’a libérée. Ce fut une véritable thérapie, une catharsis et un exutoire. Cela m’a beaucoup aidée dans mon processus de reconstruction. Trouver un éditeur ne fut pas chose aisée et je remercie Jdh éditions de m’avoir donné ma chance. Par contre à sa sortie, j’ai vécu une grande période de stress et de doutes. Je craignais des regards voyeurs sur mon histoire, d’autant plus que comme tu le soulignes il est classé dans la catégorie « Roman érotique » sur Amazon. Par contre, faire la promotion d’un tel livre relève pour moi du parcours du combattant ! Je me sens plus l’âme d’une auteure que d’une commerciale… Dans l’ensemble, j’ai de bons retours de lectrices en majorité mais aussi de quelques hommes. La critique est bonne et personne ne m’a encore insultée, ce que je craignais. L’on m’a souvent dit que mon autobiographie était pudique. Je me permets de transcrire ici un court paragraphe de mon directeur littéraire et artistique figurant sur la 4ème de couverture :

« Ce texte de Magnitude 8, étrange et envoûtant, poétique et réaliste à la fois, ne donne pas dans le voyeurisme, ni dans le reportage, mais témoigne du parcours de l’auteure. Sans filtres. Sans masques. Sans excès. À lire avec respect. Respect et recul. » 

Il est important de témoigner sur le milieu porno-prostitutionnel dans le monde actuel. Je pense par mon autobiographie avoir amené ma pierre à l’édifice. Je voudrais pouvoir aider d’autres femmes qui ont vécu des choses similaires. Je souhaite aussi empêcher que certaines ne tombent dans ce piège. 

CAPP : Le consentement dans le BDSM paraît impossible et complètement biaisé, lié au mythe de la prostituée “libre de choisir ses clients” ?

BB : Personnellement et je parle dans le cadre de mon vécu, je n’étais pas consentante. Fragile psychologiquement de par ma bipolarité et complètement manipulée par Lionel qui s’était autoproclamé « Maître », j’ai subi un véritable endoctrinement aux pratiques SM, un peu comme dans une secte… 

CAPP : Qu’est-ce qui est nocif dans le BDSM pour les pratiquants ?

BB : Je considère que le SM de la façon dont je l’ai vécu, c’est de la torture. J’ai tourné en tant que soumise pour des vidéos Démonia dont les pratiques étaient extrêmes. Fist-fucking anal, piercing des parties génitales, brûlures à la cire de bougie, etc. J’étais payée pour souffrir. Ça répond par la même occasion à la question précédente sur le consentement. La pornographie sadomasochiste est avant tout une industrie, un business qui brasse beaucoup d’argent. Il faut en être conscient. 

CAPP : Quels sont pour toi les arguments pour combattre la propagande BDSM/ porno ?

BB : À mon sens le SM est le plus hard et le plus extrême en matière de porno. Ce sont des pratiques très violentes et traumatisantes. Si l’on n’a pas un psychisme solide, on en ressort brisée. Ce fut mon cas. Ce qui me dérange beaucoup, c’est le fait que des mineur(e)s aient accès à des images/vidéos d’une telle violence. Il ne faut pas se voiler la face, le SM est pratiqué sur des personnes des 2 sexes de plus en plus jeunes, voire des mineur(e)s ou des enfants. Pour eux, la question de consentement ne se pose même pas… Mais c’est une autre histoire. L’on s’éloigne du sujet quoique… Je trouve révoltant que des hommes prennent du plaisir à voir une femme se faire torturer sous leurs yeux que ce soit en vidéo ou en réel. J’ai participé à des « performances » SM devant public. Je sais de quoi je parle. Je le relate dans « Cendrillon du trottoir ». Des hommes payaient très cher pour me voir souffrir. Des clubs privés nous invitaient Lionel et moi pour assurer le show et c’était loin d’être soft ! Ce n’est pas normal !

CAPP : Combien de femmes dominantes par rapport aux hommes dominants ? On dit souvent pour excuser la violence sexuelle “que les hommes aiment aussi être dominés”, sans parler des problèmes systémiques qui touchent en majorité les femmes, qu’en penses-tu d’après ton expérience ?

BB : Effectivement, il existe des femmes dominantes. J’ai moi-même fait de la domination très soft avec un client qui m’avait contactée alors que je passais des petites annonces de prostitution. Il se rendait souvent chez des dominatrices confirmées et il m’en parlait. Cet homme aimait être dominé. Il m’a présenté un autre soumis mais j’ai été incapable d’accéder à sa demande. C’était trop hard pour moi. Je n’étais pas très douée dans le rôle de la dominante. Je le raconte dans mon livre. En fait, je m’en rends compte avec le recul, maintenant que je suis dans une vie normale, que je déteste la violence, surtout dans la sexualité mais je sais que certains y trouvent leur compte. Comment expliquer sinon que des hommes vont payer très cher des dominatrices ? Cela reste un mystère pour moi et relève peut-être de la psychanalyse. 

CAPP : Une personne qui n’est pas dans nos abonnées, pro-BDSM, demande pourquoi cette pratique n’est pas cautionnée par le féminisme ? Et sort le mythe des hommes qui aiment avoir mal. Comment expliquer à cette jeune adulte la dangerosité de ces pratiques ?

BB : De par mon vécu, je me revendique féministe et je ne cautionne pas le SM. Il est difficile de convaincre quelqu’un qui ne partage ni nos convictions, ni nos valeurs. Peut-être pourrait-elle lire mon livre pour voir l’envers du décor ? Si elle a lu mon interview jusqu’ici, elle a déjà un bon aperçu de la dangerosité de telles pratiques et de mon avis sur la question. 

CAPP : Que penses-tu du livre Fifty Shade of Grey ? Est-il le précurseur d’une propagande BDSM porno ? Aujourd’hui nous voyons énormément de sites, de groupes Facebook, des gens qui parlent entre eux pour se donner des conseils sur comment avoir des relations de violences sexuelles safe (conseil pour un lavement anal, conseil d’étranglement, conseil de shibari ou bondage, etc…), qu’en penses-tu ?

BB : Je ne l’ai pas lu tout simplement parce que ce genre de littérature ne m’intéresse pas. Je n’ai pas vu le film non plus. Il m’est donc difficile d’émettre le moindre avis. Je pense qu’il a sans doute contribué à la glamourisation du SM. Je ne suis guère étonnée que de tels sites fleurissent. J’imagine que les jeunes y ont accès et c’est en cela que ça me gêne. Un conseil d’étranglement mal réalisé peut tourner au drame… Je pense qu’il y a notamment toute une industrie derrière qui a énormément d’intérêt à ce que cela se développe. J’ai un peu l’impression de prêcher dans le désert avec mon autobiographie. Je vais à contre-courant… 

CAPP : Je lisais une interview de Gail Dines, expliquant que Erika Lust, productrice de porno accusée par de multiples femmes de maltraitances aurait-elle même dit un jour qu’il n’était pas normal que sur les sites porno d’aujourd’hui, la catégorie BDSM ne soit plus mise dans les catégories de “hard”, donc des plus violents, qu’en penses-tu ? Quel effet va avoir cette banalisation de la pratique dans la culture populaire, dans nos relations ?

BB : Je pense qu’elle a raison. La catégorie BDSM aurait du rester dans le hard car il s’agit là de sexe extrême. Je l’explique très bien dans mon autobiographie. La première fois qu’un producteur SM m’a recrutée, il me l’a bien précisé et il m’a demandé lors du tout premier casting un truc vraiment difficile pour savoir si je serais apte à poursuivre. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher l’intrigue de mon livre. Avec ce changement de catégorie, les gens vont penser que le BDSM c’est une pratique sexuelle banale, normale alors qu’il s’agit en réalité d’une perversion. Je pense notamment aux plus jeunes qui sont exposés de plus en plus tôt à la pornographie. C’est en quelque sorte, une banalisation de la violence sexuelle. 

CAPP : Le porno dit “féministe” est-il pour toi une arnaque ?

BB : À mon avis c’est un non-sens, deux termes opposés. Le porno ne peut pas être féministe. Le porno reste ce qu’il est, une violence faite aux femmes, un viol tarifé. Je sais que certaines femmes produisent de la pornographie plus éthique, mieux encadrée en imposant le port de préservatif systématiquement sur les tournages, en fixant une limite d’âge minimum et certaines mesures plus respectueuses. Cela reste malgré tout du porno. C’est effectivement une arnaque. 

CAPP : As-tu déjà rencontré des prostituées volontaires, des femmes qui ne sont pas là par endoctrinement, aliénation, par manipulation, etc ?

BB : Que se soit dans la prostitution ou dans le porno, je répondrais que non, je n’en ai pas rencontré de volontaires. Bien entendu, quand on est dedans, l’on essaie de se persuader que l’on est consentante et ce pour tenir le coup. Et puis l’on est plus ou moins obligée de tenir un discours public qui va dans le sens des porno-prostituteurs. L’on prétend que l’on est là pour le fun, que c’est un métier comme un autre, etc. Mais l’on se ment à soi-même et aux autres. On en prend vraiment conscience une fois sortie de l’engrenage. 

CAPP : N’y a-t-il pas eu un moment où on se plaît dans cette situation ? Ou c’est une lutte quotidienne ?

BB : Cette question est difficile pour moi. Je vous répondrai néanmoins en toute franchise et honnêteté. C’est complexe à expliquer dans mon cas personnel. Comme je vous l’ai déjà dit, je souffre de bipolarité. J’alterne entre phases maniaques et phases dépressives. À l’époque je n’avais aucun traitement à part le cannabis. Durant mes crises maniaques, je me retrouvais dans un état d’hypersexualité, complètement désinhibée. Il était alors aisé pour un manipulateur tel que Lionel de me demander n’importe quoi. C’est en cela que mon histoire est un abus de faiblesse sur personne vulnérable. Il y a donc des moments où je me suis plu dans cette situation. J’en ai honte et cela me met en colère quand j’y repense. Je culpabilise beaucoup. Les psychiatres m’ont pourtant clairement expliqué que c’était moi la victime. 

CAPP : Est-ce que ça te manque ?

BB : La réponse est absolument pas. Sortir de la porno-prostitution est la meilleure chose que j’ai faite dans ma vie. 

CAPP : Comment as-tu réalisé que c’était toxique ? Quel a été le déclic pour arrêter ? 

BB : J’ai très vite pris conscience de l’aspect toxique de cette situation. Ce n’était pas normal. Je menais une existence de marginale. Je me sentais comme prise au piège dans une immense toile d’araignée inextricable. Je ne voyais aucune issue. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide tant ça me paraissait insupportable. Un jour Lionel a failli me tuer. Ce fut le déclic pour m’échapper.

CAPP : Quand t’es-tu dit “ca y est, c’est fini, je suis sortie” ?

BB : Quand je me suis retrouvée en sécurité chez mon amie d’enfance Valérie que je n’avais pas revue depuis 15 ans. C’est elle qui m’a sortie de là et je ne la remercierai jamais assez. 

CAPP : Comment sont tes relations avec les femmes qui ne connaissent pas la prostitution ?

BB : Mes amies proches sont au courant de mon passé et elles ont pour la plupart lu « Cendrillon du trottoir ». Elles me soutiennent, me comprennent et sont solidaires. Avec les autres, je n’en parle pas. 

CAPP : L’abolition est-elle envisageable pour toi ? Quelles alternatives sociétales ?

BB : Dans un monde idéal, dans un monde humain, la porno-prostitution ne devrait pas exister à mon sens. Mais hélas, cela reste pour l’instant du domaine de l’utopie. Il faut garder à l’esprit que dans le porno comme dans la prostitution, il s’agit d’un viol tarifé et que les séquelles psychologiques sont très lourdes. C’est une violence faite aux femmes et souvent aux couches les plus fragiles de la société. À mon humble niveau, j’apporte mon témoignage par le biais de « Cendrillon du trottoir ». J’espère qu’il fera écho dans notre société déshumanisée.


Illustration de Sélénée D.L

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